Pour la Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie, le projet de loi de finances 2018 "va achever le tourisme"

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TOURISM TUNISIA
A Russian tourist walks in a swimming pool of El Ksar hotel in Sousse, Tunisia June 24, 2016. REUTERS/ Zohra Bensemra SEARCH "ZOHRA SOUSSE" FOR THIS STORY. SEARCH "THE WIDER IMAGE" FOR ALL STORIES | Zohra Bensemra / Reuters
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Dans un communiqué publié sur sa page Facebook jeudi, la Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie (FTH) a vivement condamné le projet de loi de Finances 2018.

Intitulé "Une loi de finances pour achever le tourisme", le communiqué affirme que le projet de loi de Finances 2018 "ne fait que confirmer le désintérêt de l’État pour un secteur des plus stratégiques, fortement pourvoyeur de devises étrangères" et ce malgré un début de reprise en cette année 2017.

Selon la FTH, la nouvelle loi des finances va inévitablement entrainer la fermeture d'hôtels et donc mener des "milliers de personnes" à perdre leurs emplois.

Parmi les mesures décriés par les hôteliers, la hausse de la TVA qui, si elle venait à augmenter, sera entièrement supportée par les hôteliers et non pas les tour-opérateurs puisque les contrats avec ces derniers sont négociés et signés un an avant. Pour y pallier, la FTH propose de prendre des mesures transitoires et de laisser cette augmentation pour 2019.

Autre grief des hôteliers, la taxe de 3 dinars par nuitée. "Cette taxe a déjà été remplacée en 2015 par une taxe de 20DT sur les billets d’avions et de bateaux. La remettre en 2018 revient donc à une double imposition" prévient la FTH.

Pour la FTH, deux autres solutions peuvent être envisagées: Revaloriser la taxe sur les billets d’avions et de bateaux qui passerait de 20 à 30 dinars tunisiens ce qui rapporterait près de 80 millions de dinars aux caisses de l’État; soit réactiver le timbre de 30 dinars à la sortie du territoire sauf pour les Maghrébins, ce qui rapportrait 90 millions de dinars à l’État.

Enfin dernier point noir selon les hôteliers, la hausse des droits de consommation sur l’alcool, "une mesure insensée" selon la FTH, qui va renforcer le commerce parallèle et qui sera difficilement supportable par les hôtels dont les marges sont très réduites.

À sa place, la FTH propose d'augmenter les droits annuels des licences d’alcool "pour les grossistes et détaillants type supermarchés, hypermarchés et autres débits d’alcool, ainsi que pour les hôteliers et restaurateurs".

Le projet de loi de finances 2018 est déjà décrié par de nombreux observateurs mais aussi pas les organisations professionnelles. L'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) n'avait pas totalement bien accepté ce projet de loi, présentant ses propres propositions.

De son côté, l'expert comptable Walid Ben Salah, avait évoqué le risque d' "une explosion sociale" si le projet de loi de finance 2018 passait dans sa version actuelle.

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