Lutte contre le harcèlement: Et si on blâmait des victimes de scénarios banals (VIDÉOS)

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VICTIMBLAMING
Youtube/101-North Marketing
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Voici comment 101-North Marketing et It’s On Us organization ont imaginé leur campagne contre le harcèlement, mais surtout, pour sensibiliser ceux qui ont tendance à blâmer les victimes. Vidéos ci-dessous.

Retour sur les faits

Blâmer les victimes des agressions sexuelles, c'est bien une façon de chercher des excuses au harceleur. Cela stigmatise les victimes, les pousse au silence.

Rares sont celles ou ceux qui ont le courage d'en parler. Une Tunisienne a récemment publié une vidéo sur les réseaux sociaux dénonçant un cas de harcèlement qu'elle a subi dans un train de la banlieue sud de Tunis. Une histoire qui n'est pas passée inaperçue et a été relatée par plusieurs médias.

"Aujourd'hui, j'ai remis les mêmes vêtements que je portais le soir où j'ai subis le harcèlement" raconte la jeune tunisienne dans une émission de la chaine Ettounsia. "Si vous pouvez le voir, ce n'est pas une tenue provocante!".

"Je ne cherche pas à me justifier," a-t-elle précisé, "Mais j'ai reçu des commentaires de personnes qui avaient jugé que je n'étais pas respectueuse."

Un fléau qui touche les pays du monde entier. L'histoire de cette Tunisienne rappelle une récente exposition qui a pris place à l'Université du Kansas. "Tu étais habillée comment?" "présente 18 récits de violences sexuelles ainsi que les vêtements que portait chaque victime au moment de l'agression. Parmi les tenues, on trouve un bikini, un t-shirt à col jaune pour garçon, une robe rouge sexy et un t-shirt avec un jean" écrit-on sur un article du HuffPost France.

Et si on blâmait les victimes de scénarios banals?

La campagne contre le harcèlement lancée par 101-North Marketing et It’s On Us organization, englobe trois vidéos dénonçant cette attitude que certains ont de blâmer les victimes d'agressions sexuelles, sous prétexte qu'elle ont provoqué le harceleur en quelque sorte.

Si cette "logique" s'appliquait dans des situations banales du quotidien, cela montrerait à quel point il est absurde de jeter la pierre à la victime.

Dans une première mise en scène, un chef pâtissier se fait ruiner sa toute nouvelle oeuvre sous ses yeux, "C'est vous qui avez créé la tentation avec le glaçage à la vanille de Tahiti et ces si jolies petites fleurs! C'est comme si vous m'aviez supplié d'en goûter!" lui répond la dame qui a "agressé" son gâteau.

Dans une autre vidéo, deux jeunes femmes parcourent une galerie d'Art et s'arrêtent devant une oeuvre que l'une d'elles trouve "repoussante et attirante en même temps". Quand elles sont priées de ne pas toucher la statue, elles en rigolent, "Nous savons que vous devez dire non, mais vous ne le pensez pas du tout" disent-elles à l'agent.

Le troisième scénario se passe dans un magasin de vente de meubles de salle de bain. Le vendeur de cuvettes de toilette va recevoir une cliente assez spéciale. Une femme entre en courant et se pose faire ses petits besoins. Quand il lui demande d'arrêter, elle s'indigne "C'est une urgence biologique que je ne peux pas contrôler. Vous exposez tout cela fièrement et vous êtes choqué que je vienne ici et laisse la nature faire son travail? Vraiment!!!"

À la fin de chaque vidéo, la phrase "Pas très logique, n'est ce pas?" s'affiche. Une façon ingénieuse pour dénoncer ces attitudes et de lutter contre le harcèlement sexuel.

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