Women in Africa, retour sur un sommet qui place les femmes au coeur de l'action

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ÉCONOMIE - C'est dans un cadre exceptionnel, avec une vue imprenable sur l'Atlas, que s'est tenu cette semaine le premier sommet Women in Africa. Plus de 400 personnes, des femmes essentiellement, des quatre coins de l'Afrique mais aussi du monde, ont réuni leur expertise et leur savoir pour trouver ensemble des réponses aux problématiques majeures qui freinent l’Afrique dans ses efforts de développement.

Aude de Thuin, spécialiste des questions de femmes sur les sujets économiques et de société, a ouvert, lundi 25 septembre, le premier sommet annuel de Women in Africa par un discours empreint d'émotion. "Organiser ce forum a été très difficile, on m’a demandé de ne pas le dire, mais je ne dois pas vous le cacher. Parce que je suis une femme blanche et que j'ai créé le club Woman In Africa. Je l’ai fait pour les femmes du monde entier pas seulement pour les femmes africaines. Je voudrais vous dire, mes sœurs noires, que je suis blanche, mais que j’ai le cœur noir". Huées et applaudissements dans la salle de conférence où l’audience attendait le début des programmations.

Des masterclasses, des laboratoires et ateliers ont eu lieu durant ces trois jours afin d’explorer le leadership autour de la thématique suivante: "Investir pour une meilleure gouvernance avec les femmes africaines". Plusieurs laboratoires sur des sujets comme l'éducation, l'entrepreneuriat, l'énergie, l'agriculture, l'eau, la finance ou encore la nutrition ont été organisé. Les résultats des délibérations de ces débats et recherches, non-communiqués à la presse, seront présentés aux Nations unies, à la Commission européenne et devant les gouvernements africains.

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Le "women empowerment" plus fort que jamais

Depuis plusieurs années, les femmes africaines prennent pleinement conscience de leur rôle essentiel dans le développement économique du continent et sont devenues une personnification de l’espoir pour toutes les nations africaines. Une multitude de femmes influentes africaines, d’entrepreneurs, d’ONG mais aussi des jeunes leaders de la société civile ont été invités au sommet WIA à joindre leur force afin de créer ensemble une communauté forte pour une Afrique inclusive. Le ton est donné: le leadership féminin peut assurément changer l’avenir du monde.

"Les femmes ne veulent pas le pouvoir pour le pouvoir, mais une meilleure complémentarité et visibilité dans les postes stratégiques. Et aussi un juste équilibre avec les hommes. Ils doivent marcher avec nous, nous marcherons avec eux", explique la femme d’affaires et activiste nigériane Chidiogo Akunyili, maîtresse de cérémonie pour l’occasion.

Binta Toure Ndoye, PDG du groupe Orabank au Mali, explique que "l’ambition doit briser le plafond de verre au dessus des femmes". Selon elle, c’est en finançant leurs idées et projets qu’on leur permettra de se libérer et d'intégrer d'importantes infrastructures, au même titre que les hommes.

"Les femmes doivent être audacieuses, ne pas attendre l’approbation des hommes", avance pour sa part la sénatrice algérienne Hafida Benchahida. Elles ont toutes, à l'unanimité, appelé à se sortir de l’oppression machiste pour oser mener des combats dans des domaines jusque-là masculins et optimiser le rôle des femmes dans le développement économique et social.

L'économie sociale et solidaire plébiscité

"À travers l’économie sociale et solidaire, nous avons un véritable levier de développement", a déclaré le ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Économie sociale, Mohammed Sajid, lors de la pré-ouverture du sommet lundi matin à l'université Cadi Ayyad de Marrakech. Ce modèle économique qui présente une alternative au libéralisme globalisé permettrait de booster le développement de l'Afrique de manière durable dans de nombreux domaines et dans les milieux urbains et ruraux, en confiant une autonomie économique aux femmes.

Le milieu rural, bien trop marginalisé d'ailleurs, a fait l'objet de nombreuses discussions durant ces quelques jours à Marrakech. Améliorer les conditions de vie des femmes dans ce milieu est une nécessité, mais surtout un combat dans lequel s'activent des femmes au quotidien. "Il faut donner de la voix aux gens qu'on n'entend pas. Il faut valoriser ces initiatives, que les gouvernements les fasse grandir", avance Lamia Bazir, présidente de l'Association pour les femmes rurales. Elle ajoute qu'il faut donner de la visibilité aux femmes des milieux ruraux car elles ont aussi le potentiel d'être des leaders et a, par ailleurs, lancé un programme "Empowering Women in the Atlas", qui a offert la possibilité à 100 femmes issues de villages du Moyen-Atlas de poursuivre des études universitaires.

African man of the year

Women in Africa, en partenariat avec le cabinet Déclic, Conseil en RSE, a tenu à récompenser d'un prix les hommes qui s'impliquent à promouvoir le rôle de la femme et qui prennent en compte le genre dans les paysages socio-économiques africains. Le lauréat cette année est le Fondateur et président d’Ashesi University (Ghana), Dr. Patrick Awuah. Fondateur de Ashesi University, il aide les jeunes ghanéens et africains à accéder à des postes de gouvernance dans leurs pays. Son université propose un programme d’ingénierie inclusif qui a pour objectif d’augmenter la présence de femmes dans les domaines des sciences et des nouvelles technologies, puis de faciliter ainsi leur accès à des positions de leadership en Afrique.

Le sommet a pris fin cet après-midi, après trois jours de débats, de discussions mais surtout de partages."On vient de vivre trois jours fabuleux avec tellement de pays représentés, tellement de bienveillance, de projets et de choses qui représentent l'avenir de l'Afrique et du monde. Je crois que c'est un moment important qui est en train de se passer et je suis fière de l'avoir organisé. Les femmes ici me le disent, on va vivre un gros moment qui aura un impact sur l'avenir", déclare Aude de Thuin au HuffPost Maroc. "Je tire une leçon de ce qui se passe, j'apprend beaucoup des femmes africaines", ajoute-t-elle. En attendant de revenir l'année prochaine, "peut-être au Maroc ou ailleurs" hésite Aude de Thuin, Women in Africa poursuit d'autres activités en parallèle à travers le WIA Club, WIA Institute et WIA Philantrophy.

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