Elmehdi Amezzane, le jeune cadre bancaire qui voulait conquérir les toits du monde

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ELMEHDI AMEZZANE
Capture écran/Facebook
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SPORT - Cadre bancaire au quotidien, alpiniste à ses heures perdues, Elmehdi Amezzane, jeune marocain de 30 ans, s'est lancé pour défi, audacieux et risqué, de gravir tous les toits du monde. Hier, il est parvenu au sommet du mont Elbrouz, en Russie, plus haut sommet d'Europe avec ses 5.642 mètres.

Le déclic se fait alors qu'il escalade le Mont Toubkal pour la première fois il y a 3 ans. "Cette sensation forte que j'ai ressentie une fois au sommet est inexplicable", confie-t-il au HuffPost Maroc. "J'ai eu envie de recommencer, de viser plus haut". Armé de patience et d'une foi inébranlable, il l'a alors gravi dix fois, avant de s'attaquer au Kilimandjaro, qu'il a gravi l'année dernière.

Il faut dire que si certains ont pour passion les voitures ou le football, Elmehdi Amezzane adore, depuis toujours, la montagnes. Des paysages qui le fascinent et qu'il veut découvrir à tout prix. Cet aventurier moderne en quête d'adrénaline ne pouvait donc pas s'arrêter en si bon chemin.

Contacté par la rédaction du Huffpost Maroc avant sa toute dernière ascension, Elmehdi Amezzane nous avait répondu depuis une station située à Gara-Bashi, à 3.800m d'altitude dans le Caucase russe, où il se reposait avant de poursuivre l'ascension. La vue sur la chaîne de montagne est à couper le souffle, les températures sont glaciales: Elmehdi Amezzane est alors en phase d'acclimatation, une étape cruciale et nécessaire pour s'adapter progressivement à l'altitude et économiser son énergie car la santé est davantage exposée lorsque l'on monte à de très hautes altitudes. On peut développer un "mal aigu des montagnes" (MAM), un syndrome qui apparaît généralement au dessus de 3.500m, et qui, dans des cas extrêmes, peut causer la mort.

"Je vais bien, mon corps réagit bien à l'altitude", nous rassure-t-il alors, avant de poursuivre son périple. Quelques jours plus tard, à l'heure où nous publions ces lignes, Elmehdi Amezzane a atteint son objectif en foulant le Mont Elbrouz de ses pas. Les 5.642 mètres ne l'ont pas effrayé car il s'est longuement préparé à les affronter. Tout au long de son périple, et jusqu'à son arrivée, l'audacieux grimpeur n'aura eu de cesse de partager son aventure sur sa page Facebook.

En attendant d'autres défis

Un nouveau défi relevé, dit-il, pour rendre hommage aux établissements scolaires qu'il a fréquentés. "J'ai eu l'idée de hisser l'image de tous mes établissements, soit l'École Mohamed Ben Abdilah, le 1er Lycée Militaire Royal et l'École Supérieure de Technologie où j'ai poursuivi mes formations, depuis le primaire jusqu'à l'enseignement supérieur. Je fais ça par amour et par sentiment d'appartenance mais surtout pour le respect que l'on doit tous aux équipes éducatives et au corps enseignant", explique-t-il.

Le départ pour le sommet s'est fait dans des conditions climatiques très rudes à deux heures du matin dans la nuit du dimanche 24 septembre au lundi 25. "Avant l'ascension du sommet, nous sommes montés jusqu'à 4.800m d'altitude, puis nous sommes redescendus à la station, toujours pour l'acclimatation. Le trajet était beaucoup trop rude et incliné, c'était compliqué", confie Elmehdi. Les obstacles étaient nombreux, mais la neige, les vents violents et le relief sauvage ne l'ont pas empêché de rejoindre le sommet du plus haut mont européen. Le Mont Elbrouz est réputé, parmi les alpinistes, pour être particulièrement difficile, dans une région compliquée et reculée où peu osent s'aventurer.

Après huit heures d'ascension, Elmehdi est heureux, l'adrénaline a pris possession de son corps. "Tout cela n'aurait pas eu lieu sans tous les gens qui me soutiennent, mes amis, la Fondation Banque Populaire qui sponsorise tous mes exploits, je leur suis très reconnaissant", relate-t-il. Sa santé est stable mais le vertige l'a pris de court

Ambitieux, il espère plus tard, hisser les couleurs du drapeau marocain sur tous les toits du monde. Prochaine étape? "Sûrement l'Himalaya et le Mont Everest, je vais m'entraîner dur pour le grimper". En attendant, il repose son corps mais aussi son esprit, encore perché très haut dans les nuages.

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