Tunisie: Vous êtes harcelées sexuellement dans les transports en commun? Cette vidéo vous appelle à réagir

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capture écran/vidéo CREDIF
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Certaines d'entre vous ont peut-être vécu l'amère expérience d'un harcèlement sexuel dans le bus ou le métro; une personne qui vous colle, une main baladeuse, des regards vicieux, des paroles provocatrices. Vous n'êtes pas la seule à en souffrir, peut-être quotidiennement.

Une étude du Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF) a révélé que 53.5% des 3000 femmes sondées ont révélé avoir été victimes de violence dans les espaces publics, en particulier les transports en commun.

Afin de stopper ce fléau, le CREDIF en collaboration avec l’Union européenne, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et la TRANSTU a lancé la campagne #Mayerkebch, qui signifie qu'il n'y a pas de place pour le harceleur dans les transports en commun.

Outre les affiches dans les bus et les métros, la campagne est illustrée par une vidéo de sensibilisation qui met en scène "Harcha", un jeune homme qui passe son temps à intimider les filles dans les transports en commun jusqu'au jour où l'une de ses victimes a osé briser le silence en le dénonçant en public et en le menaçant de porter plainte. (vidéo ci-dessous)

Dalinda Larguèche, directrice Générale du CREDIF a expliqué sur les ondes de Mosaïque FM, les objectifs de cette campagne. Le but, selon elle, est d'enrayer l'idée que la victime du harcèlement est forcément coupable, par sa manière d'être, ses habits attirants, etc. Une mentalité entretenue aussi bien par les hommes que par les femmes mais qui est totalement infondée car le harcèlement touche tout le monde, "même celles qui portent des vêtements jugés décents, comme l'a montrée notre étude", explique-t-elle.

Et d'ajouter que la campagne interpelle les victimes qui doivent avoir le courage pour dénoncer ceux qui abusent d'elles, les gens qui assistent à de telles scènes de violence sans réagir, pour qu'ils osent aller au secours de la victime et enfin l'auteur du harcèlement, qui lui seul, doit se sentir honteux.

Appuyant la campagne, Salah Belaid, le PDG de la TRANSTU, a souligné sur les ondes de Mosaïque FM, que le harcèlement sexuel n'est pas uniquement dû au fait que les transports publics sont bondés. "Le harcèlement est un phénomène d'incivilité qui puise ses sources dans des facteurs socio-économiques, culturels et maladifs".

Le PDG de la TRANSTU a annoncé, tout de même, des mesures afin d'alléger la surcharge des transports à travers l'achat de nouveaux bus dont le nombre atteindra 900 d'ici 2019.

À noter qu'en vertu de la loi intégrale relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le harcèlement sexuel est puni d'un emprisonnement pour une durée de deux ans et une amende de cinq mille dinars.

Le harcèlement sexuel étant défini comme toute agression contre un tiers à travers des actes, des signes, des déclarations à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité ou son intimité et ce afin de le pousser à répondre aux désirs sexuels de l'agresseur ou afin d'exercer une pression sur lui visant à affaiblir sa capacité à faire face à cette pression.

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