Hôpitaux en colère: Les médecins demandent une "audience urgente" à Ouyahia

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La tension était palpable ce matin au CHU Mustapha Pacha. Habillés de leurs blouses blanches, brandissant des slogans et scandant "médecins en colère" les médecins ont rejoint le mouvement de protestation des sages-femmes et ont tenu ce lundi 25 septembre un rassemblement dénonçant "un système de santé à l’agonie" et "une démission des autorités concernées".

Ils étaient plus une centaine de médecins à prendre part à ce sit-in. Cet appel au rassemblement a été lancé par le Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) en concertation avec les collectifs de résidents des différents hôpitaux d’Alger qui ont répondu présents.

Ils ont scandé pendant deux heures des slogans tels que: "respect dignité solidarité", "libérez nos médecins" ou encore "les médecins et les malades victimes d'un système défaillant".

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La présidente du SNECHU, Ouahioun Wahiba a expliqué avoir fait appel à ce rassemblement suite à l’acharnement médiatique contre le personnel soignant, les accablant ainsi alors qu’ils travaillent dans des conditions médiocres.

"Aujourd'hui nous sommes ici pour interpeller la plus haute autorité à savoir le Premier ministre et nous lui demandons de se pencher sérieusement sur le problème de la médecine en Algérie. Nos discussions avec notre tutelle n'ont pas abouti, c’est pour cette raison qu’on se tourne vers le Premier ministre et nous demandons une audience urgente pour remédier aux problèmes qui menacent la santé des citoyens" souligne Ouahioun Wahiba

Les problèmes auxquels sont confrontés les médecins dans l’exercice de leurs fonctions sont multiples et trouvent leur origine dans “un système de santé régi par des lois obsolètes” affirme Ouahioun Wahiba.

Dans ce sens la présidente du SNECHU a fait savoir que le médecin Algérien exerce depuis 30 ans avec la même loi sanitaire. Selon elle un projet de loi a été élaboré et commenté par les différents partenaires social et syndicaux, seulement il est encore à l’état de projet.

"Le nouveau projet de loi sanitaire connaît depuis maintenant une année des reports à répétition et nous avons appris récemment qu’il ne figure même pas dans le programme des lois qui vont être débattues lors de la prochaine assemblée " confie Ouahioun Wahiba.

Elle insiste également du doigt le problème d’insécurité au niveau des hôpitaux. Des agressions verbales et physiques font des victimes quotidiennes. Un problème dû au manque d’agents de sécurité au niveau des structures hospitalières, selon elle.

"Si l’État explique que toutes agressions contre un personnel de la santé dans l’exercice de ces fonctions mènent à des poursuites judiciaires et appliquent dans ce sens la réglementation il y aura moins d’incident de ce genre" déplore-t-elle.

Les résidents des différents hôpitaux étaient présents en nombre à ce rassemblement. Venu de l’hôpital Salim Zemirli, Beni Messous, Parnet et bien d’autres, ils se considèrent comme les premières victimes de cette conjoncture défavorable.

Le représentant du collectif des résidents du CHU Salim Zemirli, Dr Sari, déplore le manque de personnel et les carences en moyens qui se répercutent en lenteurs dans les prises en charge des malades. D’autre part, ils dénoncent des heures de garde qui dépassent souvent les 24 heures et qui mènent forcément, selon eux, à des erreurs médicales.

Toutes ces difficultés et bien d’autres se répercutent directement sur les patients, précise Dr. Ouahioun Wahiba. Elle appelle les autorités concernées à «sauver les citoyens» en dotant les hôpitaux de tous les moyens nécessaires pour une prise en charge efficace.

Enfin, les membres du syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires ont annoncé que d'autres rassemblements auront lieu si leurs doléances ne sont pas prises en considération.

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