Prisonniers du Hirak: L'Observatoire Marocain des Prisons tire la sonnette d'alarme

Publication: Mis à jour:
HIRAK
Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

HIRAK - Suite à la grève de la faim entamée il y a quelque jours par plusieurs détenus, après le rejet de leurs demandes de libération conditionnelle, le 15 septembre dernier, l'Observatoire Marocain des Prisons (OMP) exprime sa solidarité avec les prisonniers et alerte les autorités sur les conséquences dramatique de cette situation.

L'OMP exprime dans un communiqué ce lundi sa grande préoccupation au regard de la grève de la faim menée par les détenus de mouvement du Hirak, en particulier ceux déportés de la prison d'Al Hoceima vers les prisons Casablanca, Fès, Taza et Tourairt.

Contacté par le HuffPost Maroc, le secrétaire général de l'OMP, Abdellah Mesdad, affirme qu'il s'agit de 37 détenus qui ont entamé cette grève depuis 10 à 11 jours.

Selon les avocats, au moins 300 personnes sont incarcérées pour leur participation au mouvement de protestation qui agite le nord-est du Maroc depuis des mois et qui s'est intensifié au mois de mai dernier, rapporte RFI Afrique. Pour l'heure Nasser Zefzafi, leader du mouvement, n'a pas annoncé avoir entamé de grève de la faim. Parmi les grévistes de la faim, on compte Nabil Ahamjik, considéré comme le numéro 2 du mouvement, Mohamed Jelloul, ou encore le journaliste Hamid El Mahdaoui du site d'information Al Badil.

Dans le même communiqué, le bureau exécutif de l'organisme se déclare "profondément préoccupé par la détérioration de l'état de santé et des conditions psychologiques des prisonniers ayant entamé une grève de la faim" et tire la sonnette d'alarme quant aux "conséquences pouvant être tragiques à la fois sur la santé physique et psychologique des grévistes ou sur le droit à la vie".
 
L'OMP exhorte tous les fonctionnaires administratifs, judiciaires, de sécurité ou autres à tenter d'utiliser toute forme de pression ou de menace contre les grévistes. L'organisme fait appel à la délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion et à la direction de la prison de Okacha, afin de surveiller la santé et le suivi quotidien de l'état des détenus grévistes et d'assurer l'intégrité physique et psychologique des détenus en veillant, si nécessaire, à leur droit à l'hospitalisation.

L'organisme appelle également à traiter les familles des détenus de manière à protéger leur dignité et respecter tous les droits garantis par la loi et les conventions internationales.

Enfin, l'OMP réitère une nouvelle fois son appel à diverses organisations de défense des droits de l'homme pour suivre la situation et apporter un soutien à tous les détenus et demander l'ouverture d'un dialogue sérieux avec les grévistes quant à leur libération.

LIRE AUSSI: