Candidat au secrétariat général du parti de l'Istiqlal, Nizar Baraka présente son projet et promet de régler la crise interne

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NIZAR BARAKA
AIC Press
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PARTI DE L'ISTIQLAL - Tout le ghota istiqlalien est venu l’applaudir. Nizar Baraka se porte officiellement candidat à la succession de Hamid Chabat, à la tête du parti de l’Istiqlal. Plus que trois jours, les 25, 26 et 27, pour que d’autres prétendants déposent leur candidature auprès du secrétariat du comité préparatoire au siège central du parti à Rabat.

Pour le moment, Nizar Baraka est le seul à l’avoir fait officiellement, alors que l’actuel secrétaire général n’avait pas caché son intention de briguer un second mandat. "Si Hamid Chabat veut se présenter candidat, c’est son droit que nul ne peut contester. Et je ne lui demanderai certainement pas d’y renoncer. Lui comme, d’ailleurs, tout membre du comité exécutif actuel ou passé, peut toujours se présenter à l’élection", déclare Nizar Baraka, lors d’un point de presse qu’il a tenu ce lundi 25 septembre à Rabat, pour présenter son projet.

Invité par l’Alliance des journalistes istiqlaliens, il s’est exprimé en tant que porte-voix de tout le parti, de ses fondateurs, de ses fervents militants et des initiateurs du mouvement "Bila Hawada", lancé lorsque Hamid Chabat avait pris la tête du parti, pour contester celle-ci. Son projet, Nizar Baraka le présente comme "le fruit de concertations avec l’ensemble des composantes du parti". Députés, organisations professionnelles parallèles, leaders... tous ont apporté leur eau au moulin de Nizar Baraka.

Reconquérir la confiance

Le projet, intitulé "Pour un parti de l’Istiqlal acteur dans la mutation sociale", dicte la feuille de route d’une reconquête à tous les niveaux, à commencer par celle consistant à redonner confiance au citoyen. "Aux dernières élections partielles à Tétouan, le taux des électeurs n’a pas dépassé 5%. Mais de quelle représentativité peut-on parler dans ces cas-là ?", s’interroge le candidat, soulignant l’importance que revêt, aujourd’hui, une remise en question pour le parti. "L’autocritique s’impose. C’est une nécessité!", s’exclame-t-il, estimant que le parti est dans "le brouillard" et qu’il s’est peu à peu enlisé dans "une véritable crise".

"L’instabilité décisionnelle" y est pour beaucoup. "Le conseil national du parti avait décidé d’intégrer la majorité lorsque la constitution de ce gouvernement était en cours. Ensuite, le PJD a refusé de joindre notre parti à sa majorité. Nous ne sommes ni dans l’opposition, ni dans la majorité, actuellement. Le conseil national devra éclaircir cette situation", souligne-t-il. Et d’ajouter que le parti a vu sa crédibilité mise à mal en raison de l’instabilité à décider, mais aussi à tenir ses engagements. "Nous ne sommes pas un parti annexe qui attend que les autres décident afin de les suivre", plaide-t-il. Sans citer son concurrent, Nizar Baraka s’insurge contre la faillite de la démocratie interne de son parti: "Il est temps de s’éloigner de l’effet spectacle, des décisions à coup de tête, pour ne pas froisser les autres…".

Repartir de zéro

Reprendre tout à zéro, c'est ce que Nizar Baraka semble vouloir faire. Sur son projet, il a fixé cinq objectifs, clés d’une renaissance qui s'articule en 39 mesures concrètes. Le premier objectif porte sur le renforcement de la réconciliation et la confiance au sein de "la maison istiqlalienne". Il est question, ici, d’unifier les rangs du parti en faisant de la démocratie "une culture et une discipline". Un comité sera même chargé de traquer ceux qui violent cette règle.

Le second concerne, lui, la mise en valeur du référentiel idéologique et des principes du parti. Nizar Baraka annonce qu’un musée sera consacré à l’histoire du parti dans ce but et que la fondation, ainsi que les organisations appartenant au parti seront mises à contribution.

La bonne gouvernance du parti est le troisième objectif du projet Nizar Baraka. L’image du parti doit retrouver son éclat et, pour cela, l’exercice même de la politique doit se faire dans "le cadre d’une nouvelle vision". Cette nouveauté réside dans le suivi et la transparence de toutes les organisations professionnelles et autres du parti. Celles-ci seront assujetties à "un cadre contractuel". Un guide de procédures et de bonne gouvernance sera également élaboré pour être annexé au règlement interne.

Le quatrième objectif promet, quant à lui, de mettre le citoyen au cœur de toute activité du parti. L’éventuel futur secrétaire général du parti appelle tous les membres de l'Istiqlal à consacrer un jour par mois au volontariat, pour participer à des actions diverses, dont la formation et les caravanes médicales mobiles. C’est "une stratégie participative et intégrée" que souhaite mettre en place Nizar Baraka en revendiquant des militants du travail concret au service du citoyen.

Le cinquième objectif porte pour sa part sur le renforcement de la place du parti sur l’échiquier politique. Et sur ce volet, Nizar Baraka met en garde contre les alliances qui ne se fondent pas sur "la logique idéologique" et sur "l'harmonie des objectifs". "Nous ne traçons pas de lignes, mais nous nous référons à nos convictions", déclare-t-il.

Nizar Baraka fait de son projet "l’espoir de l’Istiqlal", un contrat collectif pour tourner la page et entamer un nouveau chapitre de l’histoire de la Balance. À la fin de cette semaine, il sera, peut-être, désigné à la tête du parti. En attendant, les préparatifs au 17e congrès national du parti sont achevées. Prévu du 29 septembre au 1er octobre à Rabat, le congrès a choisi pour slogan "Renouveler le pacte pour la patrie". Le comité préparatoire a tenu une réunion samedi 23 septembre et annoncé, dans un communiqué, avoir mis en place toutes les commissions nécessaires et nommé Noureddine Moudiane, président du groupe parlementaire istiqlalien de la Chambre des représentants, à la tête du congrès.

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