La Tunisie n'a enregistré aucun cas de rage depuis 2009, selon le ministre de l'agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche

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ENRAGED DOG
'Furious dog shows teeth, looks like spooky gargoyle.' | qbanczyk via Getty Images
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Le ministre de l'agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche Samir Taieb a souligné, lundi le 25 septembre, que la Tunisie n'a enregistré aucun cas de rage en 2017, une situation qui n'a pas été constatée depuis 2009.

Il a ajouté que l'année 2014 est celle au cours de laquelle a été enregistré le plus grand nombre de cas de rage, pour atteindre environ 400 cas, indiquant que la Tunisie regorge de compétences en matière de santé vétérinaire lui permettant de réaliser des résultats probants.

Le ministre a fait savoir, lors d'un atelier organisé à Tunis, sur le programme national de lutte contre la rage, que ce fléau tue une personne chaque dix minutes dans le monde, précisant qu'en dépit des efforts déployés par l'Etat dans ce domaine, il est nécessaire de poursuivre les efforts afin d'éradiquer cette maladie dangereuse.

Taieb a rappelé que l'Etat mène des campagnes de vaccination gratuitement depuis des décennies, recommandant l'intensification et la conjugaison des efforts de toutes les parties concernées afin d'améliorer d'avantage la situation.

Selon le ministère de l'agriculture , des ressources hydrauliques et de la pêche, la rage est la plus grave des maladies transmissibles à l’homme en Tunisie. Incurable, à défaut d’un traitement prophylactique immédiat, elle tue jusqu’à 70000 personnes par an dont 99% meurent suite à une morsure de chien, et dont la majorité sont des enfants.

Il est aussi à noter qu'un vaccin contre la rage coûte 800 millime. L'abattage par balle coûterait 5 dinars par cadavre, sans compter les ressources matérielles et humaines mobilisées.

Toujours dans le même contexte, l'abattage des chiens errants continue à être pratiqué en Tunisie depuis le siècle dernier. Bien que les alternatives existent, on continue à utiliser cette méthode contestée.

Pour Kaouther Ben Jannet de l'association animalière "Frères et Soeurs Méditerranéens" (FSM), l'abattage est un remède "politicien" qui existe depuis l'ère de Bourguiba. L'Etat le choisit comme solution de facilité pour faire taire les plaintes et montrer qu'il combat radicalement la rage, une maladie que les chiens errants sont accusés de propager, selon elle.

Les statistiques sont impressionnantes. En 2014, 47.000 tunisiens ont été agressés par un ou des chiens errants, selon les chiffres du ministère de la Santé.

"Mais les chiens ne transmettent pas plus la rage à l'homme que n'importe quel animal à sang chaud comme la chèvre, le chat ou le mouton", nuance Kaouther Ben Jannet. "Il faudrait essayer de trouver une vraie solution pour toutes ces espèces au lieu de tuer des chiens", poursuit cette activiste de la cause animalière qui échange beaucoup avec les autorités sur cette question.

Elle fustige sans cesse les modalités "barbares" de ces abattages "inefficaces". Pire, ces opérations peuvent "accentuer" les problèmes sanitaires, selon elle:

"Lorsqu'ils tirent sur un chien, ils n'emportent pas son corps. Ils le laissent sur place. Ceci fait que nous trouvons des chiens morts, en décomposition dans la nature et dans les rues. Au lieu de combattre la rage, les agents municipaux participent à propager les maladies", affirme-t-elle.

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