Le fleuve de la Medjerda menacé d'un désastre écologique à cause des rejets issus de l'extraction de l'huile d'olive

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C'est un enjeu crucial pour la Tunisie de protéger son plus grand cours d'eau, l'Oued Medjerda, et préserver le flot vital qu'est l'eau.

Ce qu'il faut noter tout d'abord, c'est le rôle clé du fleuve de la Medjerda dans l'irrigation des terres agricoles (plus de 80.000 hectares) et dans l'approvisionnement en eau potable de plus du tiers de la population tunisienne.

Toutefois, la plus grande réserve d'eau du pays est en train de subir les effets néfastes des margines, ces effluents issus de l'extraction de l'huile d'olive, rejetés en toute anarchie dans le fleuve de la Medjerda et ses affluents.

"Les margines sont des effluents visqueux, acides, riches en matières organiques et en polyphénols issus de l’extraction de l’huile d’olive", explique Arafet Ben Marzou dans un article publié par l'ONG Exploralis.

Un désastre pour la faune et la flore, qui pourrait rendre le milieu irrespirable. Les margines "ont des effets néfastes sur le sol, les fleuves et les nappes souterraines, le réseau public et équipement d’assainissement et sur les stations d’épuration quand elles sont rejetées sans traitement, sans contrôle et à des doses excessives." lit-on sur le même article.

Suite à des observations faites dans la région du fleuve par l'équipe d'Exploralis -ONG qui oeuvre pour la protection de l'environnement- une campagne de sensibilisation a été lancée.

Le centre-ville de Béja est, depuis le 18 septembre, paré d'affiches urbaines dénonçant la pollution des eaux de la Medjerda.

Une affiche représente un écolier, un verre d'eau rempli d'un liquide visqueux à la main. "Les margines déversées dans la Medjerda sont nocives pour notre santé" est-il écrit en langue arabe. Une deuxième affiche représente cette fois un agriculteur. Les agriculteurs étant aussi bien la cause et les victimes de ce désastre.

medjerda

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Cette initiative de l'organisation Exploralis continuera sur les réseaux sociaux. La campagne est financée par le Centre Régional pour l’Environnement (REC) et le Programme de Petites Initiatives pour les Organisations de la Société Civile d’Afrique du Nord.

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