Quand le délabrement du patrimoine archéologique tunisien fait parler la presse suisse

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CARTHAGE HERITAGE
TUNISIA - MAY 04: Mosaic of Horses, detail of the Mosaic of Horses (3rd century AD), House of the Aviary, park of Roman villas, Archaeological Site of Carthage (Unesco World Heritage List, 1979), Tunisia. (Photo by DeAgostini/Getty Images) | DEA / S. VANNINI via Getty Images
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"En Tunisie, un patrimoine splendide mais délabré", c'est le titre du reportage du journal suisse Le Temps sur les sites archéologiques en péril en Tunisie. Un témoignage accablant qui rend compte de l'abandon d'un secteur touristique délaissé.

En Tunisie, près de 30.000 sites archéologiques inexploités faute de moyens, avait indiqué Ridha Kacem, directeur de l'Agence de mise en valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle.

Résultat: des sites dans un état calamiteux et désertés par les touristes. Dans la ville romaine d’Acholla, au sud de Tunis, "seuls la présence épisodique d’un gardien et quelques fils métalliques fatigués en guise de clôtures protègent ce site de 107 hectares des pilleurs, des indélicats venus déverser leurs déchets dans ce qui reste de l’amphithéâtre et des bergers dont les moutons broutent tranquillement sur les fragments de mosaïques recouverts d’herbes folles. A sa découverte en 1948, Acholla était pourtant l’un des sites les plus importants d’Afrique", rapporte le journal suisse.

Autre exemple évoqué dans le reportage, l'aqueduc de Zaghouan, construit au IIe siècle. Le média rapporte le témoignage de Hassanine Souissi qui habite tout près de l’aqueduc, au Bardo. Il est obligé de nettoyer les ordures jetées qui jonchent aux pieds des arches. "Une fois, je passais devant l’aqueduc quand une grande pierre est tombée, juste à côté de nous, ça aurait pu tuer quelqu’un. Ce n’est pas bien protégé", déplore-t-il.

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Le Temps précise que seuls quelques sites archéologiques sont entretenus par l'État en citant l'exemple des sites de Sbeitla, "relativement entretenus" mais "désespérément vide".

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Pour les autres monuments historiques, le média avance qu'ils ne sont pas prioritaires. Le reportage cite Faouzi Mahfoudh, le directeur de l’Institut national du patrimoine (INP). Selon lui, "il faut avoir des priorités, choisir quelques sites pour les mettre en valeur".

Une politique sélective assumée qui fait jaser la société civile. "En France, en Italie, le tourisme culturel représente un apport financier important. Nous avons les moyens de faire la même chose ici. Mais il y a un manque de volonté politique", a fustigé Ali Khiri, président de l’Association des amis du patrimoine, cité par Le Temps. Ce dernier vilipende le choix du tourisme balnéaire de masse, jugé "dépassé et sans valeur ajoutée".

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