Miss Turquie déchue de son titre après avoir comparé le sang des victimes du pustch à celui de ses menstruations

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TURQUIE - Son sacre aura duré moins de 24 heures. La lauréate du principal concours de beauté de Turquie a été déchue de son titre ce vendredi septembre, après avoir comparé ses menstruations au "sang répandu" par les victimes du putsch manqué l'an dernier.

Couronnée Miss Turquie 2017 ce jeudi soir, Itir Esen, 18 ans, a été rattrapée par ce message publié il y a deux mois sur Twitter qui a suscité l'indignation de nombreux internautes dans un pays où la mémoire des victimes du putsch manqué est quasi sacrée.

"L'organisation Miss Turkey, dont l'objectif est de promouvoir et soigner l'image de la Turquie dans le monde, ne peut accepter une telle publication", ont déclaré les organisateurs du concours dans un communiqué publié sur leur page Facebook.

Indiquant qu'ils retiraient sa couronne à la jeune femme, les organisateurs ajoutent n'avoir vu le tweet qu'"après l'élection".

Les quelque 250 victimes de la tentative de coup d'Etat font l'objet d'un culte national en Turquie, où leurs portraits sont omniprésents dans l'espace public. Dans ses discours, le président turc Recep Tayyip Erdogan fait régulièrement référence aux "martyrs" du putsch avorté.

"Ce matin, j'ai eu mes règles pour célébrer le jour des martyrs du 15-juillet. Je commémore ce jour en versant par procuration le sang répandu par nos martyrs", avait écrit Itir Esen sur son compte Twitter le 16 juillet dernier, au lendemain de la célébration du premier anniversaire du putsch manqué.

"Aucune visée politique"

En étant élue Miss Turquie 2017, elle devait porter les couleurs de son pays au concours de beauté Miss Monde qui se déroulera en Chine le 18 novembre. Sa couronne a finalement été décernée à sa dauphine, Asli Sümen.

Dans un communiqué publié sur son site Instagram, Itir Esen affirme que son message n'avait "aucune visée politique" et présente ses "excuses pour avoir été mal comprise".

"J'ai été éduquée dans le respect de la patrie et de la nation (...) C'était un message sans mauvaise intention", dit-elle.

Mais elle n'est pas la première reine de beauté turque à faire les frais de ses posts sur les réseaux sociaux. L'an dernier, Merve Büyüksaraç, élue miss Turquie en 2006, a été condamnée à un an et deux mois de prison avec sursis après avoir partagé sur son compte Instagram une version tronquée de l'hymne national turc comportant des insultes envers le président Erdogan.

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