L'abolition du test anal n'est pas encore effective, a annoncé Mehdi Ben Gharbia

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Plusieurs médias ont annoncé, jeudi le 21 septembre, l'abolition du test anal, utilisé en Tunisie car il est supposé vérifier les pratiques homosexuelles des personnes arrêtées en vertu de l'article 230 du code pénal qui criminalise l'homosexualité.

Intervenant sur les ondes de Mosaïque Fm, le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme, Mehdi Ben Gharbia a annoncé que l'abrogation du test anal n'est pas encore effective mais la Tunisie s'engage à "arrêter le recours aux tests anarchiques, sans consentement et sans assise légale". Et d'ajouter que la Tunisie s'engage dans les 4 ans à venir à prendre les mesures nécessaires pour règlementer cette question au niveau législatif et administratif.

Le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme a révélé que sur une totalité de 248 recommandations émises par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, en mai dernier, dans le rapport de la Tunisie sur les droits humains, la Tunisie en a accepté 189, en s'engageant à harmoniser sa législation avec les standards internationaux, en ce qui concerne la torture, le respect des droits humains dans les crimes liés au terrorisme ou encore la ségrégation raciale.

La Tunisie a écarté, en revanche, les recommandations "qui nécessitent un dialogue sociétal et un consensus national comme l'abolition de la peine de mort ou encore la levée de la criminalisation de l'homosexualité", a précisé Ben Gharbia.

Le recours au test anal ainsi que la criminalisation de l'homosexualité sont décriés par plusieurs ONG tunisiennes, travaillant pour le reconnaissance des droits des minorités sexuelles ainsi que sur la préservation des droits humains en général. Elles sont unanimes à assimiler le test anal à de la torture.

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Les organismes internationaux ont eux aussi fustigé le recours à ce test. Le Comité des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a noté dans ses observations finales du mois de juin 2016 concernant le troisième rapport périodique de la Tunisie que:

"Malgré le droit de refuser cet examen, le Comité est préoccupé par des informations affirmant que plusieurs personnes acceptent cet examen sous la menace de la police arguant, entre autres, que le refus de donner leur consentement serait interprété comme une incrimination (...) L’ État devrait interdire les examens médicaux intrusifs qui n’ont aucune justification médicale et ne peuvent être consentis de manière libre et éclairée par les personnes qui les subissent et qui seront, de ce fait, poursuivis en justice", a-t-il recommandé.

Plusieurs associations tunisiennes dénoncent "la chasse aux homosexuels" pratiquée par aussi bien par l'État que par une frange de la société. L'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité a publié un communiqué dans ce sens, vendredi, s'alarmant du fait que dix arrestations et deux meurtres de personnes homosexuelles ont eu lieu durant le mois de septembre.

Interviewé par le HuffPost Tunisie, Badr Baabou, président de l'association Damj qui milite pour la reconnaissance des droits des homosexuels a indiqué que les affaires de violence contre la communauté LGBTQI, non médiatisées, sont encore plus nombreuses et parfois plus sanglantes.

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