Mehdi Ben Gharbia devant le Conseil des droits de l'Homme: "Permettez-moi de vous raconter l'histoire de mon pays ..." (VIDÉO)

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"Permettez-moi de vous raconter l'histoire de notre pays, petit dans sa géographie mais grand dans son histoire et sa contribution à l'humanité" c'est ainsi que Mehdi Ben Gharbia, ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile et des droits de l’Homme, a entamé, ce jeudi 21 septembre 2017, son discours devant le Conseil des droits de l’Homme à Genève.

Ce dernier a retracé l'histoire de la Tunisie qui a toujours été à la croisée des civilisations. De l'époque punique à nos jours, la Tunisie s'est montrée à maintes reprises pionnière en matière de libertés et de droits de l'Homme, a noté Ben Gharbia.

Il a indiqué que de la constitution de Carthage datant de cinq siècles av. J.-C, qui permettait à ses habitants de pratiquer la démocratie, en passant par l'abolition de l'esclavage en 1846, à la première constitution arabe de 1861 qui a garanti la séparation entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, la Tunisie a démontré la richesse de son héritage et son engagement à défendre les libertés et les droits de l'Homme depuis des siècles.

Ben Gharbia a évoqué, par ailleurs, les réflexions avant-gardistes de Taher Hadad et le Code du statut personnel, élaboré en 1956 par Habib Bourguiba. Il s'agit d'un progrès sans précédent dans le domaine des droits de la femme tunisienne et dans le monde arabe.

Le ministre a ensuite abordé la Tunisie de la révolution, de la liberté et de la dignité, qui a favorisé la mise en place de nouvelles institutions et la tenue des premières élections libres ainsi que la promulgation de nouveaux textes législatifs couvrant un large éventail de droits et libertés fondamentales.

La Tunisie d'aujourd'hui continue, d'autre part de réaliser des avancés en matière de droits de l'Homme "notamment à travers les nouvelles mesures entamées par le président de la République Béji Caïd Essebsi, relatives à l'égalité homme-femme dans l'héritage et le droit de mariage d'une tunisienne avec un non musulman". "C'est la Tunisie, mon pays" a martelé Ben Gharbia.

Le ministre a fait savoir que "la liberté de conscience, les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels sont au cœur du système tunisien actuel, avec une place de choix réservée à la femme".

Ben Gharbia a indiqué que la Tunisie a accepté la recommandation relative à la non-discrimination entre les personnes au motif de leur orientation sexuelle. Cependant, il reste encore un dialogue sociétal à mener pour décriminaliser certains comportements", a-t-il ajouté. "Les autorités sont conscientes qu’elles auront besoin de temps pour faire évoluer les mentalités.

Il a annoncé, d'autre part, que la Tunisie s'est engagée à ne plus imposer un test anal aux homosexuels qui sont poursuivis pour leurs pratiques sexuelles.

Même si l'abrogation du test anal ne sera pas encore effective, la Tunisie s'engage à "arrêter le recours aux tests anarchiques, sans consentement et sans assise légale" dans un délai de 4 ans et de prendre les mesures nécessaires pour règlementer cette question au niveau législatif et administratif.

Sur les 248 recommandations, la Tunisie en avait acceptées 189 et avait pris note de 59 autres.

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