Brexit: Theresa May propose une période de transition de deux ans, jusqu'en 2021

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THERESA MAY ITALY
Le Premier ministre britannique s'est exprimé depuis Florence, en Italie. | POOL New / Reuters
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BREXIT - Oublié le "hard Brexit"? Ce 22 septembre, le Premier ministre britannique Theresa May a tenu un discours d'étape sur l'avancement du Brexit, en commençant par annoncer sa volonté d'établir une période de transition de deux ans.

Pendant cette période, les relations liant l'UE au Royaume-Uni resteraient en l'état, afin de pouvoir assurer une sortie de son pays de l'Union "en douceur et ordonnée", a souligné Theresa May. C'est-à-dire qu'entre le 29 mars 2019 et le 29 mars 2021, le Royaume-Uni bénéficierait d'un statut intermédiaire. Une option qui a la faveur des milieux économiques.

Elle a aussi assuré que son pays honorerait ses engagements financiers après sa sortie de l'Union européenne, mais sans donner de chiffres. Cela assurera qu'aucun pays ne devra "payer plus ou recevoir moins" pour le reste du budget en cours, qui s'achève en 2020.

Protéger les citoyens européens

Alors que l'UE réclame une facture totale de sortie comprise entre 60 et 100 milliards d'euros, le Financial Times a parlé d'une proposition de 20 milliards seulement.

Toujours dans un esprit de conciliation, le Premier ministre britannique a expliqué qu'elle voulait que les tribunaux "prennent en compte" les jugements de la Cour de justice de l'Union européenne dans leurs décisions concernant les droits des citoyens européens après le Brexit.

"Je veux intégrer notre accord (de sortie de l'UE) dans la loi britannique et m'assurer que les tribunaux britanniques s'y réfèrent directement (...) et puissent se référer aux jugement de la Cour européenne de justice", a-t-elle détaillé.

Ces différentes propositions satisferont-elles les Européens? Le 21 septembre, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier lui avait signifié qu'il attendait des "engagements clairs" pour avancer vers un accord de sortie, préalable pour Bruxelles à toute négociation d'un partenariat commercial futur, alors que démarrera le 25 septembre le quatrième rendez-vous entre négociateurs britanniques et européens.

Vives critiques de "Brexiters"

En attendant les réactions des Européens, les critiques ont fusé au Royaume-Uni du côté de certains Brexiters purs et durs.

"Aujourd'hui est un jour de victoire pour Westminster et la classe politique (britannique). Ils ont adressé un gros doigt aux 17,4 millions de personnes" qui ont voté pour le Brexit, a tweeté Nigel Farage, ex-chef du parti europhobe Ukip.

Cela illustre la position délicate dans laquelle se trouve Theresa May: affaiblie sur le plan intérieur après son échec aux législatives de juin, elle ne veut pas brusquer les Britanniques qui ont voté pour le Brexit afin de "reprendre le contrôle" de leur pays ni se mettre à dos les eurosceptique de son Parti conservateur à quelques jours de leur congrès annuel qui s'ouvre le 1er octobre.

Elle doit aussi contenir ses ministres pro-Brexit, en particulier le bouillonnant Boris Johnson, chef de la diplomatie, qui a provoqué une mini-tempête en réclamant la semaine dernière une rupture franche avec l'UE. Depuis, il a fait amende honorable, allant jusqu'à saluer vendredi un discours "motivant" porteur "d'une vision très séduisante".

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