Abdelatif Mekki remet en cause "le régime présidentiel" à l'intérieur d'Ennahdha (VIDÉO)

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Invité de l'émission "Midi Show" sur la radio Mosaïque FM, le député du parti Ennahdha Abdelatif Mekki a remis en cause le régime présidentiel régissant son parti, ce qui est selon lui source de dissensions.

Selon lui, "il y a des dissensions sur les grands dossiers et cela est normal". Cependant "ce qui se passe à l'intérieur du parti, c'est que certaines réactions sur des dossiers nationaux nous posent des problèmes et c'est pourquoi l'on demande plus de précisions et plus collaboration dans les prises de décisions" reprochant au président du parti d'avoir entre ses mains le pouvoir de décider seul.

"Nous avons des différences sur comment doit être dirigé le parti Ennahdha" a affirmé Mekki ajoutant que "le parti Ennahdha est un courant qui est large (...) et le principal problème qu'il y a au parti et dont découlent tout les autres c'est (...) que la décision soit entre les mains du président seulement. Les institutions sont quant à elles dans le meilleur des cas, une sorte de soutien" a-t-il déploré.

Interrogé sur le fait que les dirigeants historiques du partis sont petit à petit éloignés de la prise de décision, Mekki indique: "non je ne dirais pas qu'elles en sont éloignées, elles sont à l'intérieur des institutions mais au bout du compte, c'est le président du parti qui prend les décisions".

"On a appelé à ce qu'une évaluation de mi-mandat se fasse en profondeur pour nous, pour le pays et même pour Nidaa Tounes notre partenaire au pouvoir" mais rien n'a été fait pour le moment selon le dirigeant d'Ennahdha.

Selon lui, "le régime présidentiel du parti l'oblige (en parlant de Rached Ghannouchi) à prendre seul le pouvoir, c'est valable aussi pour n'importe qui d'autre à sa place", mais la personnalité de Rached Ghannouchi n'aide pas non plus: "de part sa personnalité, sa qualité de président-fondateur du parti, de Cheikh...cela renforce encore plus le régime présidentiel à l'intérieur du parti" a affirmé Mekki.

Revenant sur les dissensions entre les députés d'Ennahdha lors du vote de la loi sur la réconciliation, Mekki déplore la précipitation dans lequel celui-ci a été adopté.

Lors de la discussion concernant le projet de loi sur la réconciliation administrative, Mekki affirme que Rached Ghannouchi "est venu voir le bloc parlementaire et a écouté 26 interventions dont 24 étaient contre le vote pour la loi sur la réconciliation dans ces conditions et dans cette mouture (...) car il y avait des améliorations à y apporter et il n'était pas logique que ce projet de loi passe avant celui sur l'ISIE".

Or "la décision qui nous est parvenue de la part du bureau exécutif était de voter pour la loi" a-t-il indiqué.

"Quelle différence y a t-il à voter la loi sur la réconciliation aujourd'hui, dans 3 jours ou dans un mois? Cette précipitation n'a pas été comprise et a laissé les députés face à leurs consciences: Il y en a qui n'étaient pas présents du tout, d'autres qui étaient présents et qui n'ont pas voté, et d'autres encore qui ont voté avec plein de ressentiment" a-t-il déploré.

L'Assemblée des représentants du peuple a adopté, le 13 septembre, la loi sur la réconciliation administrative, une loi critiquée en Tunisie.

Adoptée par 117 voix pour, une abstention et 09 voix contre, elle l'a été dans une ambiance houleuse.

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