Le taux d'abstention aux prochaines municipales est estimé à 70% selon un récent sondage

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Le directeur général de Sigma Conseil, Hassan Zargouni, est intervenu à l'antenne de radio Express FM le vendredi 22 septembre 2017 afin d'analyser les résultats du dernier sondage des intentions de vote aux élections municipales. Il a été également question des intentions de vote dans le cas où des élections législatives ou présidentielles anticipées ont lieu.

"Nous prévoyons un taux très élevé d'abstention de vote aux élections municipales qui pourrait atteindre 70%" a-t-il déclaré.

Zargouni a précisé que le sondage a été effectué avant l'annonce du report des élections municipales, ce qui selon lui, donne "plus de robustesse" aux résultats. Il a également déclaré que 10.000 Tunisiens de tous genres et âges sur 350 municipalités ont fait l'objet de sondage.

"Ce nombre important de personnes sondées qui couvre l'ensemble des communes, nous permet de comprendre en profondeur la sociologie électorale des Tunisiens" a-t-il déclaré.

Hassan Zargouni a souligné l'importance du niveau scolaire comme nouvelle variable pouvant expliquer les intentions de votes des Tunisiens. Il a également relevé l'écart enregistré dans le taux de participation entre les élections municipales qui est de seulement 30% contre 43% pour les élections législatives. Le taux de participation s'élève à 55,7% pour les élections présidentielles.

"Les municipales représentent le parent pauvre dans le processus électoral, et c'est le cas de pratiquement toutes les démocraties dans le monde. La Tunisie ne fera pas l'exception". Ceci est dû, selon Zargouni, au fait que la plupart des électeurs sont convaincus que le changement ne peut arriver que du haut de l'échelle, en l'occurrence, les élections présidentielles.

"Les Tunisiens ont toujours des difficultés à accorder leur confiance aux candidats indépendants, ce qui est particulièrement important pour les élections municipales. Ils estiment qu'un parti est plus à même d'amener du changement qu'une personne indépendante" a-t-il ajouté.

Selon Zargouni, les raisons de ce taux d'abstention prévu sont nombreuses. En effet, il explique qu'il s'agit principalement d'un problème de conscience chez le Tunisien de l'importance de la représentativité locale; s'ajoute à cela, une déception développée depuis les élections de 2014. Des élections qui n'ont, pour la plupart, aucunement amélioré leur niveau de vie.

"La plupart des Tunisiens imputent la responsabilité d'une route endommagée à l'État dans son ensemble, plutôt qu'à la municipalité à laquelle ils sont rattachés" déclare-t-il.

Cela génère selon Zargouni, une pression inutile sur le gouvernement, alors que la responsabilité revient directement à la municipalité.

"S'adresser aux municipalités pour des problèmes d'infrastructure rentre dans l'exercice de la démocratie. Le citoyen tunisien doit être conscient de l'importance de cette proximité qui a un impact direct sur son quotidien" estime Zargouni.

"Aujourd'hui, nous avons remarqué que l'abstention de vote est nettement plus élevée chez les femmes illettrées (20%), les régions intérieures et principalement celles de l'ouest du pays, ainsi les jeunes âgées de 18 à 25 ans. Ce sont les principaux profils des abstentionnistes que l'ISIE doit cibler pour essayer de les sensibiliser" a-t-il ajouté.

Selon ce sondage, Nidaa Tounes est à la tête des intentions de vote aux élections législatives, suivi du mouvement d'Ennahdha et le Front Populaire en 3ème place. Le courant démocratique occupe la 4ème place suivi des partis Afek Tounes et l'Union Patriotique Libre (UPL). "En gros, le classement est le même qu'en 2014 et la balance des forces n'a pas vraiment changé" conclut Zargouni.

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