Lutte anti-terrorisme: La nouvelle stratégie du BCIJ pour traquer les Marocains radicalisés

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Lutte anti-terrorisme: La nouvelle stratégie du BCIJ pour traquer les Marocains radicalisés | Stringer . / Reuters
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TERRORISME - La lutte contre le terrorisme devrait prendre une nouvelle tournure. Le patron du Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ) a donné ce 20 septembre une interview à l'agence de presse américaine Associated Press (AP). Il annonce notamment que le BCIJ travaille à la création d'"antennes" à l'étranger, pour recueillir des renseignements sur les Marocains radicalisés.

Selon Abdelhak Khiame, investi à la tête du "FBI" marocain depuis sa création en 2015, le Maroc compte ainsi intensifier sa coopération avec les pays partenaires dans la lutte anti-terrorisme, notamment en Europe.

"J'ai été effrayé par ce qui s'est passé à Barcelone"

Lutter contre la radicalisation est particulièrement important, notamment depuis les attentats de Barcelone perpétrés en août et dont les auteurs étaient tous d'origine marocaine, a rappelé Abdelhak Khiame.

"Vraiment, j'ai été effrayé par ce qui s'est passé à Barcelone. Ces jeunes étaient tous d'origine marocaine, leurs parents étaient marocains, mais ils n'avaient aucun lien avec le Maroc autre que leur origine et leur famille", a-t-il commenté.

"Le gouvernement marocain doit maintenant adopter une autre méthode pour contrôler le retour de ces personnes, les surveiller et essayer de recueillir des renseignements sur eux", a-t-il ajouté.

S'il n'a pas détaillé la forme que prendrait cette nouvelle méthode de surveillance, il a cependant indiqué que le BCIJ entendant ouvrir des bureaux à l'étranger dans les pays partenaires du Maroc.

Depuis deux ans, le BCIJ a démantelé 42 cellules terroristes de Daech au Maroc, et cinq liées à d'autres organisations terroristes.

Soigner le mal à la racine

Alors que plus de 1.600 Marocains auraient rejoint les rangs de Daech en Syrie et en Irak, le BCIJ souhaite également mieux contrôler le retour des djihadistes au Maroc pour éviter qu'ils n'organisent des attentats dans le pays.

En plus des peines d'emprisonnement prévues pour ces djihadistes, Abdelhak Khiame a déclaré que le gouvernement marocain reconnaît la nécessité de résoudre les racines du radicalisme en luttant contre la pauvreté, en formant des imams modérés, en interdisant les prédicateurs extrémistes et en réintégrant les anciens radicaux dans la société.

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