Flexibilité du dirham: Fitch y croit

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The Fitch Ratings logo is seen at their offices at Canary Wharf financial district in London,Britain, March 3, 2016. REUTERS/Reinhard Krause | Reinhard Krause / Reuters
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RÉGIME DE CHANGE - La réforme sur la flexibilité du dirham aura bien lieu. C’est en tout cas ce qu’envisage Fitch Ratings dans une note consacrée au royaume et publiée aujourd’hui. Selon l’agence de notation, un élargissement des bandes de fluctuation de la monnaie marocaine est toujours d’actualité malgré la chute des réserves en devises au deuxième trimestre 2017. Ces dernières ont en effet diminué de 14,3% au 7 juillet 2017 comparé à leur niveau de fin avril pour atteindre 209 milliards de dirhams, leur niveau le plus bas en deux ans.

C’est d’ailleurs suite à cette chute rapide que le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM) et le ministre des Finances avaient décidé le report sine die de l’entrée en vigueur de la réforme. Ce qui avait valu aux banques de la place une volée de bois vert de la part du gouverneur de BAM qui n’avait pas mâché ses mots pour dénoncer une spéculation contre la monnaie nationale.

Une "spéculation" que vient de chiffrer pour la première fois Fitch, qui affirme que les banques marocaines ont augmenté leurs actifs en devises de près de 16 milliards de DH entre le 28 avril et le 7 juillet 2017, soit une hausse de 56%. L’agence rappelle en ce sens que la forte chute de la livre égyptienne suite à une libéralisation totale et les récentes pressions sur le taux de change en Tunisie ont peut-être suscité des craintes d’une dépréciation considérable du dirham, bien que la probabilité d’une telle situation soit très faible, selon elle.

Ficth estime par ailleurs que les avantages directs sur la compétitivité extérieure marocaine et sa capacité d’absorption des chocs économiques seront modestes au début, du fait de l’étroitesse des bandes de fluctuations, du moins au lancement de la réforme. L’agence encourage donc à une plus grande souplesse du régime de change, chose qui pourra augmenter la marge de manœuvre de BAM pour orienter la politique monétaire vers le ciblage de l’inflation, surtout avec la ligne de précautions et de liquidité (LPL) accordée par le FMI qui constituera un garde-fou.

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