Une exposition à Valence met en lumière les femmes photographes arabes

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CULTURE - Si vous êtes de passage à  Valence lors du week-end de trois jours qui s'annonce, vous voudrez peut-être jeter un coup d'oeil à l'exposition organisée par l'institut d'art moderne de Valence (IVAM) "In Rebellion. Female Narratives in the Arab World" (En rébellion: Récits féminins dans le monde arabe), jusqu'au 28 janvier 2018.

Une exposition dont le but est non seulement de donner la parole à ces femmes mais aussi d'incorporer leurs histoires et leurs voix dans le récit des pays arabes.

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Manifestation après la disparition du chanteur Matoub Lounes, Tizi Ozou, Algérie, 1994. Nadia Benchallal

L'évènement réunit une centaines d'oeuvres, issues de créations de 24 artistes arabes, parmi lesquelles la Marocaine Leila Alaoui, l'Égyptienne Amal Kenawy, ou encore les Palestiniennes Rula Halawani et Raeda Saadeh.

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"Les Marocains", série de portraits de Leila Alaoui, IVAM

Femmes des années 90

Avec "En rébellion", le musée veut intégrer une vision féminine à l'histoire contemporaine des pays arabes. "L'exposition présentée par l'IVAM étudie la production artistique qui a émergé dans les pays arabes à travers les différentes perspectives des femmes artistes, leur capacité d'action et la représentation générée par la féminité depuis les années quatre-vingt-dix jusqu'à aujourd'hui", explique le musée dans un communiqué.

Une période qui n'a pas été choisie au hasard, comme l'explique le directeur de l'exposition, Juan Vicente Aliaga, au HuffPost Maroc: "J'ai visité plusieurs pays arabes ces dernières années. Pendant ces voyages, j'ai réalisé que la majorité des femmes artistes contemporaines, qui ont débuté leur carrière dans les années 90, et sont toujours actives aujourd'hui, ont beaucoup exploré des thèmes comme ceux inhérents à l'espace privé comme l'intimité, la sexualité et le désir, leur place dans l'espace public ou encore l'impact des conflits dans leurs vies (guerres, exile, migration...). Ce sont les concepts qui m'ont permis de choisir les artistes exposés à Valence".

ivam

IVAM

Parmi les femmes exposées cette année, l'artiste Leila Alaoui, décédée en janvier 2016 dans l'attentat terroriste à Ouagadougou, au Burkina Faso. "Son travail est visuellement intense et puissant", explique le directeur de l'exposition. "Elle était une merveilleuse photographe, sa série 'Les Marocains' montre avec beaucoup de respect ces hommes et ces femmes".

Casser les clichés sur les femmes arabes

Pour l'IVAM, cette exposition cherche également à intégrer la vision de femmes en conflit avec les normes et traditions de leurs société, d'où le titre "En rébellion": "Elles voient la réalité d'un point de vue critique. Les femmes y sont représentées comme des personnes pleines d'énergie qui s'opposent aux normes sociales. On peut le voir dans les vidéos de Diana El Jeiroudi, qui vient de Syrie, qui s'est opposée aux traditions familiales, ou encore l'Égyptienne Amal Kenawy qui a eu le courage de parler de problèmes politiques dans les rues du Caire".

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IVAM

"Même aujourd'hui, en 2017, le système patriarcal continue d'avoir un soutien social de grande importance", explique l'IVAM. "Parallèlement, il existe des initiatives qui nous permettent de comprendre que la vision stéréotypée et unilatérale des femmes arabes comme personnes soumises, incapables de se défendre, n'est pas la réalité".

Les photographes sont, pour le directeur de l'exposition, encore trop peu mises en avant dans le monde de l'art contemporain: "Il y a des artistes comme Mona Hatoum, Ahlam Shibli ou Ghada Amer dont les carrières sont reconnues à l'international, mais beaucoup passent inaperçues. Cette exposition essaye simplement de montrer le travail de femmes qui ne sont ni soumises ni obéissantes. Ces femmes essayent de contrer les stéréotypes de l'Occident sur la femme arabe."

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