Le maire de Lampedusa demande la fermeture du centre d'accueil des migrants et s'emporte contre les Tunisiens

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LAMPEDUSA
Antonio Parrinello / Reuters
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Dans une interview accordé à l'agence de presse Italienne ANSA, le maire de Lampedusa Salvatore Martello craque.

Demandant la fermeture du centre d'accueil des migrants afin d'attirer l'attention sur la situation de l'île, le maire de Lampedusa appelle les autorités italiennes à intervenir rapidement.

La cause? Les migrants. Il leur reproche de ne pas suivre les mêmes règles que les habitants de l'île troublant ainsi l'ordre public. Selon lui, plus aucun contrôle n'est fait. Les migrants arrivent, passent quelques temps dans le centre d'accueil puis ils le quittent, libres comme l'air et surtout parmi eux...les Tunisiens contre lesquels il semble avoir de nombreux griefs.

"Les menaces, le harcèlement, les vols. Lampedusa s'effondre, les forces de police sont impuissantes" constate le maire dépité qui voit de plus en plus de Tunisiens s'installer dans le centre-ville: "Dans le centre il y a 180 tunisiens (...) ils vivent dans la rue. Je demande que le centre d'accueil soit fermé, c'est une structure inutile qui ne sert à rien!" a-t-il lancé avant d'ajouter:

"Les bars sont pleins de Tunisiens ivres et qui harcèlent les femmes. Je reçois des dizaines de touristes, d'hôteliers, de commerçants et de restaurateurs effrayés" raconte-t-il.

Même si le centre d'accueil est "gardé par la police, les Tunisiens entrent et sortent comme ils veulent" indique le maire.

Les griefs du maire ne s'arrêtent pas là puisqu'il les accuse de nombreux vols, les qualifiants de "délinquants".

Si ce coup de gueule du maire a trouvé écho dans la presse italienne, l'ancien maire de la ville Giuseppe Nicolini l'a lui contredit: "Il devrait vérifier le nombre de plaintes auprès de la police avant de dire des choses pareilles".

"Pour moi, ce n'est qu'un vol de magasin de fruits et légumes. L'île est pleine de touristes, et ils semblent ne pas avoir été harcelés par les Tunisiens" a-t-il ajouté lui reprochant d'entretenir "un climat de peur".

Depuis plusieurs semaines, une tendance a été observée sur les côtes italiennes et notamment à Lampedusa: le débarquement en plein jour à travers de petites embarcations.

Quelque 3000 migrants, en majorité des hommes, sont venus de Tunisie au cours des deux derniers mois, dont 1800 ont débarqué en Sicile, tandis que le reste a atterri sur de petites îles comme Lampedusa ou Linosa avait affirmé le mois dernier un enquêteur italien à l'agence Reuters.

En 2016, la Tunisie avait mis en échec 113 tentatives d'immigration clandestine, effectuées pour la plupart depuis la Libye voisine, et interpellé plus d'un millier de personnes, avait indiqué l'ancien chef de la Garde nationale Lotfi Brahem.

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