"Dear World", le livre de Bana qui raconte la guerre en Syrie vue par un enfant

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LIVRE - La petite Syrienne Bana Alabed, qui a ému la twittosphère en partageant des vidéos de guerre à Alep, sortira, le 3 octobre, un livre racontant son histoire, intitulé Dear World ("Cher Monde") aux éditions Simon & Schuster.

Dans son livre, qu’elle a écrit avec sa mère Fatemah, elle décrit ses paisibles journées dans sa ville natale, et comment sa vie a basculé après la guerre sous les bombes et les décombres.

“Quand je fermais mes yeux je pouvais toujours voir le soleil à travers la fenêtre de ma chambre, les oiseaux qui volent dans le ciel en m’imaginant voler avec eux. C’était beau, c’était ma maison. Mais un jour, tout a changé. J’ai commencé à fermer mes yeux en espérant que les bombardements s’arrêtent”, dit-elle dans la vidéo de lancement de son livre.

Elle parle au nom de tous les enfants syriens victimes d’un conflit qui a fait couler trop de sang et dont ils ne comprennent pas la cause.

“J’ai perdu mon école, ma maison, et mes amis, mais je n’ai jamais perdu espoir pour un avenir meilleur”, déclare-t-elle dans la vidéo.

L’écrivaine anglaise J.K. Rowling décrit ce livre comme “une histoire d’amour et de courage malgré la brutalité et la terreur.” Pour l’auteur, Dear World est “le témoignage d’une enfant qui a enduré l’inimaginable.” Rowling, qui suit Bana sur Twitter, lui avait envoyé la version eBook de sa saga littéraire Harry Potter, et retweete souvent ses posts.

Du haut de ses 8 ans, Bana a réussi à conquérir le coeur de 361.000 abonnés sur Twitter en publiant des vidéos d’attaques et de bombardements suite au siège de l’est d’Alep en 2016, où plus de 300.000 habitants étaient pris au piège.
“J’ai peur de mourir ce soir. Ces bombes vont me tuer maintenant”, avait-elle écrit, en octobre dernier, en accompagnant son tweet d’une vidéo où l’on peut entendre les bombardements dans la ville.

Bana interpelle souvent les chefs de gouvernement de plusieurs pays comme Barack Obama, Donald Trump, Vladimir Poutine, Bachar El Assad ou Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a répondu, en décembre dernier, à son appel à l’aide et a ouvert (littéralement) ses bras à la petite fille, lui permettant de rester en Turquie après avoir fui la guerre dans un mouvement d’exode de milliers de Syriens. “La Turquie restera toujours aux côtés du peuple syrien”, avait tweeté le président turc.

La petite Syrienne a également réussi dernièrement à faire réagir le président français Emmanuel Macron, qui l'a mentionnée lors du discours adressé, lundi 18 septembre, lors de la 72e assemblée générale de l’ONU à New York.

“J’ai entendu Bana, citoyenne d’Alep, et c’est sa voix que je veux ici porter", a-t-il déclaré. “Elle a vécu sous la terreur des bombardements, des polices et des milices, elle a connu les camps de réfugiés. Le peuple syrien a assez souffert pour que la communauté internationale prenne acte d’un échec collectif et s’interroge sur ses méthodes."

La guerre continue en Syrie emportant la vie de millions d’innocents. En mars dernier, l’Observatoire syrien des droits humains (OSDH) avait compté 321.000 morts et 145.000 disparus en six ans de guerre, dont plus de 96.000 civils et 17.400 enfants.

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