Ces objets peuvent vous amuser ou pas: Interview avec Katerina Kamprani, l'artiste derrière cette idée inédite

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FACEBOOK/THE UNCOMFORTABLE
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Comment dire? C'est bonnement frustrant, joliment troublant. "The Uncomfortable", un nom qui décrit si bien ce projet, pourrait vous agacer et vous amuser en même temps.

Vous aviez peut-être croisé sur Internet des photos d'une chaise sur laquelle il est impossible de s'asseoir, une cuillère qui ne vous permet pas de manger, des clés qui ne tourneront jamais dans la serrure ou des escaliers sans issue?

fourhcette

Vous pouvez regarder ces objets pendant de longues minutes, cherchant un moyen de les faire fonctionner malgré tout. Cette fourchette, on a envie de la tenir, mais elle tombe!!!

"The Uncomfortable", c'est donc un projet artistique de Katerina Kamprani, architecte originaire d'Athènes, qui laisse de curieuses sensations.

"C'est une collection d'objets intentionnellement incommodes. Le but est de déconstruire le langage invisible du design des objets du quotidien et tordre leurs propriétés fondamentales. Le but est de surprendre et de faire rire. Les regarder permet aussi d'apprécier la complexité et la profondeur des interactions avec les objets les plus simples qui nous entourent" explique Katerina Kamprani, l'artiste derrière toutes ces idées.

katerina

Lancé en 2014, "for fun", le projet consistait en une série d'images 3D, représentant des objets du quotidien "incomfortables", incommodes. C'est tout juste récemment, en 2017, que le projet prend une forme plus réelle. Katerina Kamprani a décidé de créer des prototypes des objets qui apparaissaient sur les images en 3D. Interview.

HuffPost Tunisie: Parlez-nous un peu de vous. Qui est Katerina Kamprani?

Katerina Kamprani: Je suis née et j'ai grandi à Athènes, là où j'ai suivi des études en Architecture. Je travaille depuis dix ans maintenant dans le même bureau d'architecture.

J'ai aussi un grand intérêt pour le design industriel moderne, j'avais donc suivi il y a quelques années un Master en design, mais je n'ai pu aller jusqu'au bout. J'ai alors commencé le projet "The Uncomfortable". Je me suis intéressée aux formes et aux méthodes de production des objets qu'on utilise au quotidien à travers l'histoire.

Quand est-ce que le premier pince à linge avait été conçu? Comment le mascara est-il fabriqué? Je me pose aussi d'autres questions du genre, quand est-ce qu'une assiette est-elle contente? Est-ce quand elle est pleine de nourriture ou est-ce quand elle est propre et brillante?

Qu'est ce qui vous a inspiré dans la création de ces objets "inconfortables", incommodes, d'abord en 3D puis en leurs donnant des formes réelles?

À l'origine, j'ai commencé le projet juste pour le plaisir. J'ai utilisé la 3D car c'est un outil qui m'est familier dans le domaine de l'architecture visuelle. J'ai aussi pensé que c'était une belle et différente façon de mettre en pratique mes compétences en design 3D.

Et puis le projet a eu du succès et c'est là que m'est venue l'idée de produire ces prototypes, mais cela exigeait un investissement.

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Mai 2017, j'ai été invitée à participer au Zagreb Design Week, pour une exposition en solo, c'était enfin le moment de concrétiser le projet "The Uncomfortable".

Quelle était la réaction des gens? Était-ce comme vous l'aviez imaginé?

Mon but est de faire rire et d'amuser les gens. Mais j'ai remarqué que beaucoup de personnes sur internet se sont vraiment sentis agacés ou même furieux. J'ai trouvé cela très amusant, que l'image d'une chaise puisse causer des sentiments aussi puissants. Hier même, j'ai reçu un mail d'une fan me disant qu'elle a eu une réaction viscérale en regardant les images, que c'est vraiment puissant et qu'elle avait envie de crier de rage, d'éclater de rire, et de pleurer en même temps.

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Quant à ses projets d'avenir, Katerina Kamprani promet de nouvelles choses, "Il y a toujours quelque chose qui se trame dans ma tête,". Envisagerait-elle une exposition en Tunisie, "Bien sûr, pourquoi pas!" répond-t-elle.

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