Lune de fiel entre les ministères du Travail et des Affaires religieuses

Publication: Mis à jour:
12647283_1674236086166458_7625484692989998296_N
DR
Imprimer

Ce n’est que très tôt ce matin que les Algériens ont été informés par le ministère du Travail que le premier Mouharam (premier jour du calendrier lunaire musulman, férié) sera vendredi 22 septembre, donc pas de long weekend cette année à l’occasion de la célébration du nouvel an musulman.

Mais rebondissement: le ministère des Affaires religieuses a très mal vécu la décision du ministère du Travail de mettre fin au suspense et d’annoncer le vendredi jour férié. Le très sourcilleux ministre des Affaires religieuses Mohamed Aissa a donc probablement personnellement donné instruction à son département pour riposter par communiqué sur sa page Facebook jugeant bon de rappeler que la Commission d'observation du croissant lunaire, dépendante de sa tutelle, était la seule habilitée à fixer les dates des fêtes religieuses.

Et c’est donc reparti pour le suspense. Mouharam tombera-t-il cette année jeudi? ou vendredi?

Suspense et espoir, vu que le communiqué du ministère du Travail annonçant vendredi journée fériée "chômée et payée pour l'ensemble des personnels des institutions et administrations publiques" avait suscité la déception chez des Algériens souhaitant un long weekend.

D’autre part, la colère du ministre des Affaires religieuses Mohamed Aissa est clairement lisible dans un texte extrêmement violent, rappelant à son collègue, sans le citer explicitement, les prérogatives dont jouissent son ministère et les institutions y afférentes en la matière.

Dans un post Facebook publié sur sa page, il a d'abord rappelé que son ministère n'a publié aucun communiqué à propos du premier jour de Mouharam, comme pour décrédibiliser la décision, pourtant officielle, du ministère du Travail.

M. Aissa a jugé bon de "couper court à la fitna que des gens perfides et diaboliques s'évertuent à alimenter à chaque occasion ou fête religieuse", sans préciser explicitement l'identité de ces "gens".

Le ministre des Affaires religieuses a ensuite "réitéré que la seule institution habilitée à fixer (les dates des fêtes religieuses) est la Commission d'observation du croissant lunaire, qui n'a émis aucune note à propos de l'année 1439 de l'hégire".

Il a expliqué que son "ministère attend encore les résultats des travaux des commissions wilayales, instruites d'ailleurs d'observer le croissant lunaire ce mercredi 29 Dhou al-hijja 1438. La tutelle suit également les résultats d'observations des organismes et des scientifiques, tels ceux du CRAAG".

En vérité, le rebondissement n’en est pas vraiment un. Les dates des fêtes religieuses suscitent chaque année des polémiques et Mohamed Aissa n'a eu de cesse de défendre les prérogatives dont jouit son secteur en la matière depuis sa nomination à la tête du ministère des Affaires religieuses en mai 2014.

En 2016, la date du premier jour de Mouharam avait fait couler beaucoup d’encre. Le ministre des Affaires religieuses ayant alors expliqué que l'Algérie, pour fixer le 1er jour de l'Hégire, "adopte la règle selon laquelle le calcul astronomique prime sur le témoignage, en se référant au congrès mondial d'observation du croissant lunaire".

Le même responsable a rajouté que la commission d'observation du croissant lunaire est également la seule habilitée à fixer la date du jeûne des 9e, 10e et 11e jours du mois de Moharam.

Nous ne saurons donc pas aujourd’hui si jeudi 21 septembre sera férié ou non. La seule certitude est que la guerre de Mouharam entre les ministères algériens, pour burlesque ou même grotesque qu’elle soit, n’en finit pas d’avoir lieu.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.