Après son interview: Les députés du Front Populaire s'emportent contre Béji Caïd Essebsi (VIDÉO)

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Le Front populaire n'a pas vraiment digéré les propos du président de la République Béji Caïd Essebsi à l'encontre du leader de gauche Hamma Hammami. Les réactions se sont enchaînées et les déclarations se sont succédées de la part de certains élus de l'opposition reprochant l'attitude du président vis-à-vis du Front et de ses dirigeants.

Après la réplique d'Ammar Amroussia en réponse à Caïd Essebsi, c'est au tour du député Zied Lakhdhar de contester. Ce dernier a estimé, dans une conférence de presse tenue ce mardi 19 septembre à Tunis, que le recours au verset coranique et la qualification de Hamma Hammami de "فاسق" (qui veut dire "pervers" dans le sens religieux utilisé par le président de la République) entrent dans le cadre de sa stratégie de "règlement de compte politique", et ce en se référant au discours religieux.

Lakhdhar n'a pas apprécié l'attitude du président de la République, qui selon lui devrait représenter tous les Tunisiens sans exception et sans tenir compte de leur appartenance politique et religieuse. "Le président a renoncé à sa qualité de représenter tous les Tunisiens et a choisi d'être un rival politique" a-t-il annoncé indiquant qu'il n'y avait guère de différence entre lui et "Rached Ghannouchi, le représentant des Frères musulmans en Tunisie" a-t-il dit.

De son côté, Mongi Rahoui, député du Front, a estimé que les propos évoqués par Caïd Essebsi ne sont pas à la hauteur d'un président de la République. Il a jugé "inacceptable" l'utilisation du terme "فاسق" (qui veut dire "pervers" dans le sens religieux utilisé par le président de la République).

Rahoui a noté qu'avec un tel discours, Béji Caïd Essebsi est en train de diviser les Tunisiens au lieu de les unir. Il a indiqué qu'il s'attendait à un discours plus responsable qui met en relief la situation actuelle du pays et présente les perspectives et les priorités à entreprendre. "Le président de la République doit être porteur de sagesse" a-t-il souligné.

Hamma Hammami, le principal intéressé, a préféré éviter la polémique. Il est revenu sur le souhait évoqué par Caïd Essebsi de vouloir changer le régime politique qui n'est autre qu'une manoeuvre pour retourner à la case départ et à la machine de Ben Ali selon lui: "C'est un putsch contre la constitution, les libertés et tous les acquis"a-t-il martelé. Et d'ajouter: "On veut nous faire croire que les citoyens réclament un passage au régime présidentiel, mais cela est faux!"

Hammami a, par ailleurs, accusé la coalition au pouvoir d’être la source de la crise politique et socio-économique de la Tunisie. Il a indiqué qu'avec la hausse des prix et des impôts, la chute du dinar et le gel des augmentations salariales, le gouvernement est en train de mener "une guerre contre le peuple". "Et ce n'est pas le changement du régime politique qui va résoudre les problèmes de la Tunisie" a-t-il encore expliqué.

Le président de la République Béji Caid Essebsi a accordé lundi une interview à la Télévision nationale au cours de laquelle il est revenu sur plusieurs sujets dont notamment une récente interview accordée par le leader du Front Populaire Hamma Hammami. En réponse à celle-ci, le président de la République a reproché à ce dernier les insultes et la minimisation de son travail à la tête de l'État.

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