Trois jeunes Français font escale à Dakhla dans leur tour du monde culinaire à la voile

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Trois jeunes Français font étape à Dakhla dans leur tour du monde culinaire à la voile | DR
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VOYAGE – C’est une aventure hors du commun que vivent trois jeunes Français originaires de Paris. Partis il y a un peu plus de deux mois du port de La Rochelle, dans l’ouest de la France, Alexis, Pierre et Raphaël, âgés de 27 à 29 ans, sont en route pour un tour du monde à la voile pendant deux ans. Ils viennent de faire escale à Dakhla.

À bord de leur voilier de 12 mètres baptisé "Sedna", du nom d’une déesse inuit, symbole du respect des océans et des femmes, les trois voyageurs font étape dans diverses villes du monde afin de découvrir, avec un chef cuisinier ou des producteurs locaux, les spécialités culinaires du coin. Leur projet a ainsi été baptisé "Sail Eat", mix des expressions "sail away" ("mettre les voiles") et "do it" ("fais-le"), formé par les verbes "naviguer" et "manger" en anglais.

sail eat

Leur tour du monde, financé en partie par une campagne de crowdfunding et sur leurs fonds propres, se veut également écolo: leur voilier est alimenté à 100% par un panneau solaire et une petite éolienne.

Passés par la Corogne en Espagne, l’île portugaise de Madère et les Canaries, ils sont arrivés jeudi dernier à Dakhla au Maroc, dans le Sahara. Une première étape hors de l’Europe qui s’avère aussi enrichissante que surprenante pour les trois jeunes hommes. Après quelques négociations avec les autorités portuaires et militaires de la ville, les trois voyageurs ont pu jeter l’ancre dans la lagune de Dakhla, à quelques centaines de mètres des côtes de la ville, accessible en canot pneumatique.

port de peche dakhla

À la découverte de la gastronomie marocaine

Coup de chance: un des meilleurs restaurants de Dakhla, la Maison du Thé, a mis à leur disposition son ponton pour amarrer le canot et leur a permis d’apprendre à cuisiner, vendredi 15 septembre, avec la chef cuisinière Fouzia, la spécialité du jour et du Maroc: le couscous. Chaque recette apprise au fil de leur voyage est méticuleusement notée et transcrite sur leur site afin de faire découvrir aux internautes et à ceux qui les suivent la gastronomie des pays qu’ils traversent. Filmées, les recettes feront ensuite l’objet d’une websérie diffusée sur YouTube.

"Nous avons choisi Dakhla sur les conseils d’un proche qui avait des attaches au Maroc, qui était lui-même allé dans cette ville il y a une dizaine d’années et qui avait adoré", raconte Alexis au HuffPost Maroc. "C’était aussi l’occasion de découvrir les paysages de la région et, surtout, la gastronomie marocaine", ajoute Pierre. Et ils ont été servis. Grâce aux explications et au talent de Fouzia, première femme chef cuisinière rencontrée depuis le début de leur périple, les trois Français ont réalisé leur premier couscous.

couscous sail eat

"Notre escale à Dakhla se passe très bien. C’était relativement simple au niveau administratif d’arriver sur les côtes marocaines. Nous avons été accueillis par la marine royale, la police nationale, la police portuaire et la douane pour obtenir les autorisations de rester dans la lagune", raconte Pierre. "On sent que la ville commence à s’ouvrir de plus en plus aux touristes, même s’il n’y a pas encore les infrastructures adéquates pour accueillir les bateaux de plaisance dans le port", note-t-il.

En une année, le port de pêche aurait accueilli une dizaine de voiliers touristiques seulement, selon un responsable de la sécurité portuaire. La ville du sud devrait cependant inaugurer, dès l’été 2018, un nouveau port mieux équipé, Dakhla Atlantique, dont les travaux ont commencé l’année dernière.

Les trois voyageurs sont unanimes: ils ont été "très agréablement surpris" par l’hospitalité marocaine, "au point d’en être presque gêné!", s’amuse Raphaël. Il faut dire que tout le monde a mis les petits plats dans les grands pour les accueillir. "Aussi, les paysages de la région sont magnifiques. Je pensais que c’était très touristique, mais en fait c’est encore bien préservé", ajoute-t-il. Seul petit bémol relevé par les trois navigateurs: les déchets qui bordent parfois les routes désertiques et les plages paradisiaques de la région qu’ils ont pu visiter pendant leurs cinq jours d’escale.

La vie à bord

Leur aventure n’est pas seulement un voyage culinaire. C’est aussi un défi que se sont lancés ces trois amis d’enfance qui ont tout quitté pour pouvoir faire le tour du monde. Hôtelier, ingénieur aéronautique et chef de projet dans une agence digitale, Alexis, Pierre et Raphaël ont chacun démissionné de leur poste il y a quelques mois pour préparer et réaliser leur rêve qui les mènera, entre autres, au Cap Vert, au Brésil, dans les Antilles, au canal de Panama, dans les îles du Pacifique, en Polynésie française, en Nouvelle Calédonie, en Papouasie, en Indonésie, à la Réunion, à Madagascar, en Afrique du Sud et aux Açores.

Lorsqu’ils sont en escale, la vie à bord de leur bateau, composé de trois minuscules cabines, d’un salon-cuisine et d’une petite salle de bain, s’organise entre préparation des prochaines étapes, farniente, cuisine et lecture. Beaucoup de lecture. Les récits de navigateurs et livres de voyage s’entassent dans leurs cabines.

bibliotheque voilier sail eat

Les moindres recoins du voilier sont optimisés pour ranger vaisselle, nourriture, vêtements et équipements pour le bateau. Un ordinateur de bord leur permet aussi de recevoir la météo en temps réel, et un logiciel de navigation est disponible avec toutes les cartes maritimes mondiales, de même qu’un GPS intégré, qui leur sert à suivre leur parcours, à connaître leur position ainsi que la géologie des côtes et des profondeurs sous-marines. "C’est un peu le cerveau de Sedna", explique Pierre.

Mais il sert aussi à les divertir. En stock sur le disque dur, pour leurs deux années sur les océans, une quantité astronomique de musiques et plus de 500 gigas de films. Il faudra bien s’occuper lors des longues soirées qui les attendent en pleine mer.

Prochaine étape pour le trio parisien: départ en début de semaine pour le Cap Vert, avant de larguer les amarres pour traverser l’océan atlantique pendant une quinzaine de jours sans escale, jusqu’aux côtes brésiliennes. L’aventure ne fait que commencer. Bon vent!

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