Rentrée scolaire: Hassad veut redorer le blason de l'école publique

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HASSAD
AIC Press
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RENTREE SCOLAIRE - "Je suis un pur produit de l’école publique", dit-il non sans fierté. Le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Hassad, n’a qu’un seul but: redonner confiance aux Marocains en l’enseignement public. "L'enseignement public a formé une grande majorité de cadres marocains. Tout le monde n’a pas été à la mission! Il faut arrêter de dire que le niveau a chuté et croire qu’il redeviendra comme avant. Arrêtons l’autoflagellation!". En homme convaincu, Mohamed Hassad a exposé sa vision de la réforme de l’enseignement public, ce lundi à Rabat, lors d’une conférence de presse consacrée aux nouveautés de la rentrée.

Les clés de la réussite

C’est autour de cinq objectifs que s’articule la stratégie du ministre. Le premier concerne l’amélioration du modèle pédagogique, dans lequel l’une des priorités réside dans l’intégration de l’apprentissage de la langue française dès la première année du primaire. Pour cette rentrée, l’apprentissage des langues étrangères se fera selon "une approche actionnelle", indique M. Hassad.

Diversifier et améliorer l’offre pédagogique représente le deuxième objectif. Il s’agit, dans ce volet, d’étoffer et de généraliser le parcours international du baccalauréat. "La nouveauté, cette année, c’est la création d’une branche internationale dans l’enseignement secondaire. Cela représente 5% des élèves de première année et si la demande augmente, on élargira", annonce le ministre. Le baccalauréat international requiert un intérêt certain, au cours de cette rentrée: il concerne désormais 57% des lycées (soit 25% du nombre total des élèves).

Précisant l’importance de mettre en place des formations répondant aux besoins du marché du travail, M. Hassad reconnait qu’il faudra redoubler d’effort. "Ce genre de formation concerne 10.000 lauréats par année. Ce n’est pas suffisant", admet-il.

Au même volet, 27 nouvelles branches ont été créées par l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Elles concernent, entre autres, l’industrie automobile et aéronautique.

Le troisième objectif, lui, concerne les conditions dans lesquelles exercent les enseignants. "Il n’y aura plus de tableau noir ou vert ni de craie dès la fin de ce mois", se réjouit le ministre, annonçant l’achat de 233.000 tableaux blancs à des prix n’excédant pas les 400DH par unité. Toutefois, ce changement ne concernera, pour l’instant, que 10% des écoles.

Améliorer les conditions de l’enseignement, c’est aussi trouver une solution à la surcharge des classes. M. Hassad veut arriver à un seuil de 30 élèves par classe en première année du primaire et 40 dans le reste des niveaux scolaires. "Actuellement, le taux national pour les classes de première année du primaire est de 25 élèves par classe. Dans 92% des classes, il n’y a pas plus de 34 élèves par classe", dit-il. Dans les autres niveaux, 98.8 % des classes ne dépassent pas 44 élèves/classe.

Cette année, plus de 730.000 élèves (comprenant ceux scolarisés dans l'enseignement privé) se sont inscrits en première année du primaire. Ce qui représente, selon les données du département de M. Hassad, une augmentation de 3,3%, par rapport à la rentrée scolaire passée.

Quant au corps enseignant, le ministre rappelle que son département a recruté, à travers les académies régionales, 24.000 contractuels dont 11.000 ont déjà retrouvé leur classe. Et de préciser que ces derniers ont été sélectionnés parmi 135.000 candidats et que leur niveau "suscite de bons échos".

Sur le point de l'amélioration des conditions au sein des écoles, interrogé par le HuffPost Maroc sur la recrudescence de la violence au sein des écoles, le ministre répond qu'il veut agir par la prévention et la sanction. "La prévention se fera dans les classes et tout cas de violence, qu'il soit verbale ou physique, qu'il fasse l'objet d'une plainte ou non, sera sanctionné. Impossible d'accepter la violence dans nos écoles", affirme-t-il.

Le fond et la forme

Améliorer la qualité de l’enseignement passe aussi par la forme. Pour le ministre, "hors de question qu’un enseignant se présente avec des espadrilles et un jean déchiré". 9.917 établissements scolaires et 799 internats ont été réhabilités, annonce M. Hassad en projetant les images de devantures d’écoles et de classes réaménagées. Et d'insister sur l’importance, pour chaque école, de faire preuve de "dynamique" à travers son directeur et ses enseignants. "Nous sommes conscients que peindre une devanture ne va pas résoudre le problème de l’éducation nationale. Nous comptons sur les enseignants, pour cela. C’est sur eux que repose fondamentalement la réforme".

Le ministre se dit ainsi favorable à la demande de formation continue que revendiquent les enseignants précisant que son département passera bientôt à l'action.

"Pour chaque 10 établissements, on affectera 2 inspecteurs, pour un suivi continu tout au long de l’année", prévient-il. Et de souligner que les cas d’absence des enseignants feront désormais l’objet de rapports mensuels qui seront rendus publics. "Plus de 75% des enseignants n’ont jamais déposé de certificat médical, mais on ne parle que de ceux qui s’absentent", fait-il remarquer.

Complémentarité et mesure parallèles

Autre nouveauté de la rentrée, le ministre annonce, aussi, la possibilité, pour l’élève de profiter "d’une année sabbatique" s’il veut s’essayer à la formation professionnelle". Quatrième objectif de la stratégie du ministre, la complémentarité entre école et formation professionnelle sera donc renforcée. Concrètement, cet objectif porte, entre autres, sur l’élargissement du cycle professionnel collégial, pour couvrir 251 collèges et 14.477 élèves au titre de cette année scolaire. Le nombre d’élèves bénéficiaires passera ainsi de 6.600 (2016) à 14.477, cette année. Et pour étoffer l’offre, deux nouvelles filières au niveau du baccalauréat professionnel ont été créées.

Pour ce qui est du cinquième et dernier objectif, il porte sur la mise en place des conditions à même de garantir le lancement effectif de la scolarité. Le ministre estime que la période de réinscription des élèves peut se faire bien à l'avance au mois de juin afin de permettre à l’école de mieux se préparer à la rentrée scolaire.

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