Mixité dans les écoles, ségrégation sociale, mutations... Mohamed Hassad répond aux critiques

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ECOLE MAROC
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CRITIQUES - Venus nombreux assister à la conférence de presse organisée ce lundi par Mohamed Hassad, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les journalistes des médias nationaux l'ont longuement interrogé sur les difficultés dont souffre l’éducation nationale, mais aussi sur les critiques dont elle fait l’objet.

Parmi elles, le tollé qu’a suscité sur les réseaux sociaux la distribution de cartables portant le nom de certaines préfectures, dans le cadre de l’opération "Un million de cartables". Certains critiques ont, en effet, estimé que cela risquerait de créer une ségrégation sociale au sein des classes en créant une différence entre les élèves "nécessiteux" et "non nécessiteux". Face à la critique, le ministre reconnait qu’il s’agit "d’une erreur" et que cela ne se répétera plus. Et de souligner que seule une préfecture est concernée par cette erreur, "tandis que les autres photos publiées sur les réseaux sociaux remontent aux années précédentes".

Sur un autre sujet tout autant relayé sur les réseaux sociaux, celui de l'appel de certains enseignants à mettre fin à la mixité dans les classes, le ministre a estimé qu’il s’agit d’une "fausse polémique" et "un faux débat". "Une expérience a été menée dans le passé et elle n’a abouti à rien", rappelle-t-il.

Autre point abordé: les changements dans certains manuels d’éducation islamique. Le ministre cite en exemple l’image d’un "cœur ensanglanté" servant d'illustration à un texte sur le cœur purifié du prophète. "Il faut éviter de mauvaises interprétations", prévient-il pour justifier ces modifications.

Interpellé également sur la question du travail contractuel d'enseignants sans formation préalable, le ministre reconnait ne pas disposer d’une solution à même de régler le manque d’effectif. "Nous avons agi, cette année, dans la précipitation. Mais, l’an prochain, les enseignants recrutés devront suivre une formation avant de retrouver leur classe", promet-il.

Sur le mouvement des mutations, qui a également suscité la colère au sein du corps enseignant, le ministre insiste sur sa volonté de régler le problème une fois pour toute. "Avant, sur 50.000 demandes, on en approuvait entre 7.000 et 8.000. Cette année, nous en avons approuvé 32.000 et la priorité a été accordée aux demandes liées au rapprochement familial. 8.000 cas ont été approuvés et il ne reste plus que 100 en cours d’étude", rassure-t-il.

À propos de l’enseignement privé, le ministre n’est pas très bavard. Il se contente de rappeler qu’il représente 14% de l'enseignement national et qu’aucune loi ne permet actuellement de réglementer les prix qu'il pratique. "Nous pourrions, peut-être un jour, évaluer l’équation qualité/coût au sein du privé", suggère le ministre.

Sur l’enseignement supérieur, M. Hassad reconnait que le chantier de la réforme ne fait que commencer et que beaucoup reste à faire. Entre autres, l'indépendance des universités, qui, aux yeux de M. Hassad, "mérite un débat". Pour lui, l'indépendance de l'université se heurte parfois à la décision politique. "Plus aucun établissement ne servira de lieu d’estivage, dès l’an prochain. Je me suis accordé avec le ministre de la Jeunesse et des Sports", annonce-t-il. L'état délabré des internats servant de lieux d'estivage est à l'origine de cette décision.

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