À la rencontre d'Ala Oueslati, le Tunisien lauréat du prix "120 under 40" de la fondation Bill et Melinda Gates

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Ala Oueslati
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La jeunesse tunisienne continue de briller à l'international et le jeune tunisien Ala Oueslati l'a récemment prouvé.

En effet, ce jeune tunisien de 26 ans fait partie des lauréats du prix "120 under 40", une récompense internationale décernée chaque année aux personnes ayant apporté un grand bénéfice dans les domaines des droits de la femme, de la santé et du bien-être, ou encore de la planification familiale. Le prix vise à identifier 120 personnes à travers le monde qui ont excellé dans ces domaines en tant qu'activistes, chercheurs, journalistes, professionnels des communications et des médias, médecins, fondateurs d’ONG et d’organisations à but non lucratif.

Organisé par la Fondation Bill et Melinda Gates en partenariat avec les laboratoires Bayer, le prix "120 under 40" permet l'émergence de "jeunes leaders qui suscitent des changements positifs partout dans le monde. "Leur impact ne fera que s’élargir à mesure qu'ils forgeront un réseau international avec les autres lauréats" a affirmé Jose Oying Rimon II, directeur de la Gates Institute et président du jury "120 Under 40".

Seul représentant de la Tunisie et du Maghreb a obtenir ce prix, Ala Oueslati se livre au HuffPost Tunisie.

HuffPost Tunisie: Comment vous-êtes vous retrouvé parmi les lauréats du prix "120 under 40" ?

Ala Oueslati: Pour concourir à ce prix on ne peut pas s'inscrire soi-même. Il faut donc être nominé par une personne, une organisation, ou un gouvernement. La nomination doit ensuite être validée par le jury et par le Gates Institute pour qu’elle fasse partie de la liste officielle finale des nominés et soit publiée sur le site du 120 Under 40.

Une fois que la liste des nominés est validée, le vote en ligne commence. Les candidats qui recevront 75 votes seront demi-finalistes. C'est là que les candidats passeront par un processus rigoureux mené par le jury et l'Institut Gates. Pendant 3 mois, le jury étudie chaque candidat pour enfin prendre une décision finale et annoncer la liste des lauréats sur le site web.

Me concernant, c'est mon profil qui m’a beaucoup aidé à remporter ce prix. J’ai une expérience de plus de deux ans avec Women Deliver, une des plus grandes organisations internationales qui travaille sur les droits, la santé et le bien-être des femmes. En Mai 2016, j’ai représenté la Tunisie à la Conférence Internationale de Women Deliver à Copenhague et j’ai été l’invité du Talk Town Festival, du journal danois “Information”, ainsi que du Programme de Partenariat Dano-Arabe. J’ai créé et développé des campagnes de sensibilisation et programmes de plaidoyer dans des régions rurales en Tunisie, au Maroc, en Jordanie et au Liban. J’ai aussi été sélectionné par l’ONU en tant qu' “Empower Women Global Champion”, travaillant sur l’autonomisation économique des femmes en Afrique.

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Que représente pour vous ce prix?

C'est une grande fierté que d’avoir remporté un prix aussi important qui reconnaît mes contributions à identifier des stratégies efficaces d’action et de plaidoyer pour défendre les droits des femmes, la santé reproductive et la planification familiale dans des contextes qui sont souvent menaçants pour leur bien-être et le bien-être de leurs enfants. Ce prix vise également à susciter davantage l'engagement et la motivation des activistes, chercheurs, ONGs, et d’autres parties prenantes pour faire progresser l'agenda national en faveur de la promotion et de la protection de la santé et du bien-être des femmes, en particulier dans les zones rurales, et inviter d'autres jeunes tunisiens à y participer et à jouer un rôle dans la mise en œuvre de certains des plus importants objectifs de développement durable.

En tant que seul tunisien et maghrébin à avoir reçu ce prix, je le considère comme une opportunité pour être encore plus engagé à servir les communautés défavorisées et contribuer au bien-être social. J'invite aussi les jeunes tunisiens et maghrébins à fournir plus d'efforts pour la protection et le respect des droits des femmes, la santé génésique et la planification familiale, en particulier dans l'arrière-pays.

En dehors de cet engagement pour les droits, la santé, et le bien-être de la femme, vous êtes également impliqué dans de nombreux autres domaines...

Je suis aussi journaliste freelance et blogueur. Mes articles et contributions ont été publiés sur le site des Nations-Unies, le blog de l’UNICEF Voix de la Jeunesse, Global Eyes Network, Make Every Woman Count...

Je suis également fondateur de NASH Initiative, un projet à but non lucratif visant à réduire l’analphabétisme dans les zones rurales et à promouvoir l’engagement civique des jeunes. J’ai d'ailleurs eu la chance de présenter ce projet à l’Université de Stanford.

Quand j’étais étudiant au Nazareth College de New York, je travaillais pour le Hickey Center for Interfaith Studies and Dialogue, et j’ai été invité par l’ancien président américain Barack Obama et l’ancien Premier ministre tunisien Mehdi Jomaa à la Maison Blanche à Washington durant les journées du Dialogue Stratégique entre les USA et la Tunisie. Après cela, j’ai travaillé pour le Programme des Nations-Unies pour le Développement en Mauritanie, la Fondation Caux Initiative et Changement en Suisse, et Youth Time International Movement en Allemagne.

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Depuis 2012, j’ai été invité à parler des droits de l’Homme, de l'égalité des sexes, de la consolidation de la paix, de l'échange interculturel et de l'éducation à travers le monde: Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie, au Liban, au Zimbabwe… Récemment, j’ai été choisi par l’Union Africaine pour rejoindre un Think-tank visant à renforcer la vision de l’Union Africaine pour 2017 sur le thème: “exploiter le dividende démographique par l’investissement dans la jeunesse”.

Si vous aviez un message à faire passer aux jeunes tunisiens, ce serait lequel?

Ce serait un message de motivation et de soutien à tous les jeunes tunisiens dans les villes et dans les zones rurales, dans le nord et dans le sud, femmes et hommes, pour leur dire que face aux nombreuses épreuves par lesquelles notre pays passe, il ne faut jamais être résigné. Il faut toujours espérer, se mobiliser, soutenir ceux qui sont marginalisés et mal représentés, et s’unir tous pour le respect, la défense et la protection des droits l’Homme.

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