Après une année d'absence, L'Boulevard réussit un retour fracassant

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BOULEVARD FESTIVAL PUBLIC
Zakaria Latouri
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FESTIVAL - L'Boulevard a lancé sa 17e édition du Tremplin ce week-end, au complexe Al-Amal à Casablanca. 19 groupes de hip-hop, métal/rock et fusion se sont affrontés pour tenter de remporter le premier prix de 10.000DH, l'enregistrement de deux morceaux en studio et une formation complète avec des professionnels de la musique.

Deux scènes, une rangée de chapiteaux et des allées noires de monde sous les palmiers, L'Boulevard a pris ses quartiers au complexe sportif et n'a rien à envier au festival Coachella. Partout, des gens de tous âges, des amateurs de rap ou de simples curieux en promenade, attendent impatiemment le début des festivités.

Vendredi, le collectif Block 10 a ouvert le bal sur la scène du Souk et a déchaîné les foules pour laisser place ensuite au tremplin hip-hop sur la scène principale, où 8 groupes venus de tout le royaume sont entrés en compétition. Une porte ouverte pour ces artistes en devenir et qui contribuent au rayonnement du rap marocain.

La rappeuse DI JA d'El Jadida, coiffée d'une perruque rouge vive et d'un costume d'ange aux ailes écarlates, a enflammé le public lors de son passage très remarqué. "Son look déchire, elle rappe trop bien, il faut qu'elle gagne", confie une jeune fille, bouche bée devant la rappeuse.

di ja festival boulevard

Lferda, le rappeur marocain et phénomène du web, interprète son titre "Ganar" devant des centaines de jeunes en délire qui l'acclament et rappent en choeur son morceau.

lferda boulevard festival

Puis, Nanah Dae, la rappeuse maroco-hollandaise, clôt cette première soirée en beauté et achève de séduire le public casablancais.

nanah dae boulevard

2017, l'année du trash métal marocain.

Changement d'ambiance pour le deuxième jour de festival, qui met à l'honneur le rock et le métal. "L'Boulevard m'avait manqué, je suis très heureuse de son retour", confie, surexcitée, Asmae, une jeune casaouia de 17 ans. La jeune fille arpente avec ses amis les allées du complexe Al-Amal et se dirige vers la scène principale où a lieu le tremplin métal/rock. Le dress code est noir, tous ont revêtu pour l'occasion des vêtements en cuir, des t-shirt de groupes mythiques, un maquillage charbonneux et une multitude de bijoux et de chaînes. Des jambes toutes en résilles, des bouches peinturlurées de noir, des garçons aux ongles vernis et aux cheveux longs, tout était permis.

festival boulevard

Le court de tennis accueille une scène devant laquelle une centaine de jeunes fans de heavy metal sont réunis et dansent, poings levés, au rythme des basses. Les groupes font crier les guitares. Ship of Wisdom, valeur sûre de la scène metal marocaine et en compétition pour le tremplin, délecte le public. Sur la scène, les "motherfuckers" fusent à tout va.

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Un cercle s'est formé dans la foule et les plus audacieux se lancent dans un pogo endiablé et sans fin, sous les regards médusés des spectateurs assis dans les gradins. Si beaucoup sont amusés, certains sont choqués. Bien que le metal soit assez populaire au Maroc, il reste un style musical encore marginal et mal vu par les entités religieuses et l'opinion public. Ce qui ne décourage certainement pas les fans et amateurs à venir supporter leurs groupes préférés.

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La soirée débute ensuite par un concert du groupe de trash metal espagnol, Crisix, heureux de venir se produire au Maroc et de "donner de l'amour aux metalheads marocains".

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Le milieu associatif plus que jamais mobilisé

Nouveauté cette année au Boulevard: Pitch F-L'Kheyma, un espace dédié aux acteurs culturel et musiciens de Casablanca et qui s'est tenu chaque jour durant ce premier week-end de festival. Né "comme ça, sur une discussion improvisée quelques jours avant le début du festival", confie au HuffPost Maroc Sabrina Kamili, coordinatrice du projet, Pitch F-L'Kheyma est un lieu de rencontre et de networking où l'on discute à bâtons rompus.

"On voulait réunir tous les gens qu'on connait et qui ont comme volonté commune de transformer le mileu culturel marocain, au même endroit, sous une kheyma (une tente, ndlr), car il n' y a pas plus accueillant comme endroit. C'est chez toi comme chez moi", ajoute-t-elle. Visa For Music, Afrikayna/Africa Art Lines, MoMEx, Gnaoua Culture, Morocco Solar Festival, Forum de la mer, Fondation Hiba, l'Uzine, l'Institut français de Casablanca et bien d’autres encore se sont ainsi retrouvés pour collaborer, discuter et trouver de manière collective des solutions pour élargir le champs culturel de Casablanca. "On souhaiterait que la culture soit inclusive et non élitiste, qu'elle puisse parler à tout le monde. On invite des personnes qui ont à coeur de faire des choses avec un impact et qui veulent aider les jeunes à se lancer car on ne va pas se mentir, c'est compliqué d'être un artiste ici", dit encore Sabrina Kamili.

pitch flkheyma

Des jeunes de quartiers défavorisés de Casablanca ont été invités à discuter musique en présence des acteurs culturels.
Un espace chaleureux qui a attiré de nombreux curieux à assister aux débats et discussions collectives, dans une ambiance informelle et non moins collégiale.

Le traditionnel Souk associatif a également accueilli comme chaque année des associations et des radios locales, avec au total une trentaine d'exposants.

L'Boulevard revient le week-prochain, du 22 au 24 septembre, cette fois-ci au stade du R.U.C, pour trois jours de festival et avec des invités prestigieux. Les noms des gagnants des trois tremplins seront également révélés, tandis que le chanteur nigérian Keziah Jones clôturera le festival dimanche soir.

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