Siham Meftahi nous parle de Safe Eat, la start-up marocaine finaliste du GBG Google Stories Search

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SIHAM MEFTAHI
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START-UP - "Aider les femmes aux foyers ayant un savoir-faire culinaire à intégrer le monde de l'entrepreneuriat ". Tel est le but de la start-up Safe Eat. À l'origine de cette aventure, Siham Meftahi n’a peut-être que 21 ans, mais elle a déjà pu créer son entreprise sociale et devenir la seule finaliste marocaine, africaine et arabe du GBG Google Search Stories 2017.

Encouragée par un père très actif dans le domaine associatif, et inspirée par une mère qui a su concilier son métier de professeur à son rôle de mère de famille, elle a toujours souhaité monter une start-up sociale qui aurait un impact positif sur la vie des femmes au Maroc. Un rêve devenu aujourd'hui réalité.

"Le marché de la restauration des événements est un marché très important au Maroc, surtout lorsqu’il s’agit de collaborations avec des écoles supérieures qui organisent des olympiades, des forums d’entreprise, des conférences, ainsi qu'avec diverses boîtes d'événementiel. C’est pour cela que Safe Eat a une bonne chance d’attirer un grand nombre de clients tout en permettant à ces femmes de bien gagner leur vie", explique Siham Meftahi au HuffPost Maroc.

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À 18 ans, après avoir décroché son baccalauréat, Siham intègre l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Casablanca (ENSAM), afin de suivre une formation d’ingénieure en génie Industriel. Toujours aussi passionnée par le bénévolat et l’entrepreneuriat social, elle rejoint dès sa première année le club Enactus ENSAM Casablanca, qui se donne pour mission de mettre l‘entrepreneuriat au service d'"un monde meilleur et durable".

Au sein de ce club, Siham a pu voyager au cœur du Maroc afin de s'enquérir sur le terrain des réels besoins de la communauté. "Enactus m’a permis d’aller à la découverte du vrai Maroc, un Maroc qui est très beau et où on nous a accueillis à bras ouverts", se souvient-elle.

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Durant ces voyages, Siham rencontre des femmes au foyer qui font preuve d’une grande hospitalité, et d'un talent certain pour la cuisine. Ces femmes et leurs familles étaient dans le besoin. Siham a alors l’idée de les aider à exploiter leur potentiel afin qu’elles puissent gagner leurs vies. Avantage pour les consommateurs qui auraient recours à leurs services: éviter tous les dangers du fastfood, en optant pour cette alternative beaucoup plus saine qui ne propose que des plats faits maison. Mais le rôle de "Safe Eat" ne s’arrête pas là.

"La première chose que nous faisons, c’est d’aider ces femmes à obtenir un statut d’auto-entrepreneur. Ensuite, on leur fait suivre des formations afin de les aider à se développer", nous dit-elle.Ces formations dont bénéficient ces femmes sont organisées en partenariat avec El Moukawila, une coopérative d'accompagnement et de promotion des Femmes entrepreneures marocaines. Ces sessions de coaching leur permettent de développer leur talent culinaire, mais aussi de les initier au monde de l’entrepreneuriat tout les aidant a réaliser leurs ambitions.

Comme l'aspect de l'hygiène est très important pour Siham, toutes les femmes voulant intégrer Safe Eat en tant que fournisseurs doivent impérativement adhérer à une charte exigeante, et qui implique notamment de porter des tabliers, une coiffe et des gants. L’équipe de Safe Eat organise même des audits surprises pour s’assurer que les normes d’hygiène sont respectées.

Pour Siham, ce qui compte le plus est d’aider ces femmes à atteindre leur plein potentiel, et leur prouver que leur talent peut devenir une source de revenu. Mais ce qui a été le plus difficile pour elle durant la création de son entreprise, c’est la difficulté à trouver des sponsors, et un moyen de financer le projet.

"Ce qui est triste, c’est que le Maroc n’encourage pas les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat social et à créer leur propres startups. Il n’y pas de fonds d’aide public, et on est obligé de partir à la quête de sponsors et de financement privé, ou à l’étranger, soit par le biais d’Enactus ou à travers la participation aux compétitions internationales", explique-t-elle. Mais le plus grand obstacle auquel j’ai face durant le processus de la création de mon entreprise sociale, ce sont des frais très lourds. Même si mon entreprise n’est qu’à son tout début, je suis quand même obligée de payer des taxes très élevées", confie-t-elle.

Bio’live : une aventure qui s’est très vite achevée

La question du financement est une problématique que Siham connait bien. Bien avant que Safe Eat ne voit le jour, c'est à Bio’live que Siham et ses collègues d’Enactus ont consacré tout leur temps libre. L’idée leur était venue durant l’un de leurs voyages à Amizmiz, une petite ville au sud-ouest de Marrakech. Il s’agissait de traiter les déchets issus de la production de l’huile d’olive (les grignons et margines), qui sont toxiques pour l’environnement et peuvent contaminer les sols, pour en tirer des bienfaits.

Les grignons peuvent ainsi être exploités après traitement comme des combustibles naturels. Quant aux margines, elles peuvent être utilisées pour confectionner du savon naturel. Le projet ne verra finalement pas le jour, faute de moyens financiers que l’équipe n’avait pas pu se procurer à l’époque.

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Quelle prochaine étape pour Safe Eat?

Pour l’instant, 3 femmes ont déjà adhéré en tant que fournisseurs à Safe Eat. Toutes sont basées à Casablanca, et Siham cherche à présent à établir un partenariat efficace entre Safe Eat et les femmes qui ont bénéficié auparavant d’une formation en cuisine et qui sont actuellement en chômage, à commencer par celles vivant à Rabat.
Pour servir d'intermédiaire entre les fournisseurs et les clients, une application web a été développée pour permettre aux clients de passer leurs commandes très facilement. "On peut dire que Safe Eat est le Uber de la restauration. Le client va passer sa commande sur l’application web, et le fournisseur qui se trouve à proximité de ce dernier est celui qui va s’en occuper", détaille Siham.

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Si l'application n’a pas encore été lancée, elle devrait l'être très bientôt. L’équipe de Safe Eat envisage aussi d’organiser un après-midi dégustation, pour dévoiler aux clients les différents plats proposés, les familiariser avec le concept de l’application web, et peut-être même leur permettre de rencontrer celles qui leur cuisineront leurs petits plats maison.

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