Du Caire à Tunis: Rencontre avec le photographe égyptien Karim El-Hayawan qui expose à la 2eme Biennale des photographes du monde arabe contemporain (INTERVIEW)

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Karim El Hayawan
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Karim El-Hayawan est né au Caire, il est passionné par la photographie de rue et le portrait. Ses clichés explorent généralement les empreintes culturelles et les turbulences de la ville, de ses joyaux les plus célèbres à la beauté brute de ses façades abandonnées.

Ils ont été exposés lors de nombreuses manifestations culturelles en Égypte, au Koweït et en Afrique du Sud. Son travail a notamment été présenté dans le cadre de CNN's Connect the World et a également fait l'objet de plusieurs publications internationales. En 2013, Karim El-Hayawan remporte le Cairo Photo Marathon, une initiative du ministre de la Culture égyptien. Il est également à l'origine des "Cairo Saturday Morning Walks" une manifestation hebdomadaire dans les rues du Caire.

L'artiste est aujourd'hui l'un des photographes de rue égyptiens les plus populaires des réseaux sociaux et a notamment réalisé de nombreux clichés dans les rues de Tunis.

Il participe actuellement à la 2ème Biennale des photographes du monde arabe contemporain à l'Institut du Monde Arabe à Paris.

HuffPost Tunisie: Quand avez-vous commencé à manifester un intérêt particulier pour la photographie de rue? Avez-vous toujours utilisé les réseaux sociaux pour partager ce travail?

Karim El-Hayawan: Ayant étudié l'architecture et l'urbanisme, la rue a toujours fait partie de mes compositions. Elle était présente de tellement de manières que j'ai commencé à développer une attirance pour les rues du Caire, le charme et la douceur qu'elles offrent.

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Bien que ma passion pour la street photography se soit cristallisée après la révolution égyptienne de 2011, j'ai réalisé que le meilleur moyen de percevoir la diversité de notre peuple était à travers le plus grand théâtre de la vie, c'est à dire la rue, et non par le biais de cercles fermés et des communautés. Il s'agissait plus de créer un lien que de simplement faire des photos. C'est ce que j'essaie de capturer à travers la photographie.

Les réseaux sociaux constituaient l'outil le plus adapté quand j'ai commencé, je prenais des photos avec mon téléphone et partageais sur Instagram sans but précis. Le nombre d'abonnés a vite augmenté et quelques proches m'ont encouragé à développer ce que je faisais et à aller plus loin. Dans un premier temps j'ai un peu résisté.

Plusieurs de vos photos ont été prises en Tunisie. Quelle relation entretenez vous avec le pays? La Tunisie sera-t-elle encore impliquée dans vos futurs projets?

Pour moi la Tunisie est une immense source d'inspiration que ce soit par son peuple, son énergie et sa nature. Cela a commencé au Caire où j'ai rencontré et me suis lié avec des gens inspirant – généralement issus du milieu artistique – qui visitaient ma grande ville chargée d'histoire.

Amina Amoniak et sa passion pour le Caire, Olfa Feki et sa volonté de construire des ponts pour relier les arts mais aussi des collaboration et connexion plus importantes avec Nourchene Bahri de "Point Deco" sur des projets de design intérieur en Tunisie qui ont conduit à des visites régulières. Ce qui était intriguant en termes de photographie en Tunisie c'était de se rendre compte de la profondeur sous la subtilité.

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Donc oui, je prendrais assurément part à de futurs projets au Caire ou à Tunis, comme j'ai pu en discuter avec Lamia Bousnina de la belle galerie Musk and Amber.

Quels travaux présentez-vous dans le cadre de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain à Paris? Quels sont vos projets?

Pour la Biennale des photographes de l'IMA, j'expose "Cairo Cacophony", une œuvre vidéo composée d'écrans montrant un assemblage de photographies avec trois sortes de musique égyptienne. Celle-ci propose une expérience visuelle et sonore nous plongeant dans les rues du Caire. Un beau désordre!

Actuellement je travaille en parallèle sur deux projets. Le premier, intitulé "D-cay" a été réalisé dans le but de disséquer le présent à travers des éléments à la fois spécifiques et communs. Le second projet "Site Art" nous éclaire sur l'éternel besoin humain de s'exprimer à travers l'art quel que soit l'âge, la nationalité ou la classe sociale.

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