Adoption de la loi sur la réconciliation: Satisfaction des uns, dernier recours pour les autres

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TUNISIA PARLIAMENT
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Après l'adoption -sous haute tension- mercredi par l'Assemblée des représentants du peuple de la loi sur la réconciliation administrative, plusieurs personnalités politiques se sont exprimés sur les répercussions de celle-ci à commencer par ceux qui l'ont défendu.

Si la présidence de la République est à l'origine du projet de loi sur la réconciliation économique et financière qui s'est transformé en loi sur la réconciliation administrative, c'est le chef de cabinet du président, Selim Azzebi qui est monté au créneau: "Il s'agit d'une loi va refaire bouger l'administration. Il y a ceux qui voient que l'administration est en panne aujourd'hui" a-t-il affirmé.

"On voit dans les régions que seulement 35% du budget dédié aux collectivités est dépensé. Pourquoi? Parce qu'il y a une peur au sein de l'administration" a-t-il constaté avant d'ajouter que "cette loi peut engendrer 1,2% de croissance supplémentaire à la Tunisie" et concerne 2000 fonctionnaires "qui n’ont fait qu’appliquer des ordres" sans que cela ne leur profite.

"Un tournant" dans l'Histoire de la Tunisie affirme Hafedh Caid Essebsi

Le directeur exécutif de Nidaa Tounes Hafedh Caid Essebsi a parlé dans une publication Facebook, d'un "tournant" dans l'histoire de la Tunisie affirmant qu'il y aura un "avant" et un "après" la loi sur la réconciliation.


Légende: "Aujourd'hui sera un tournant décisif dans l'histoire de notre chère Tunisie et dans la vie de son peuple: Il y a la Tunisie avant la loi sur la réconciliation et la Tunisie après la loi sur la réconciliation".

Dans un communiqué publié par le parti Nidaa Tounes, celui-ci salue la "conscience patriotique" des autres parties qui ont voté pour cette loi.

Un recours pour anticonstitutionnalité est prêt affirme Zouheir Maghzaoui

Le député d'Echaab, Zouheir Maghzaoui a indiqué sur les ondes de la radio Shems FM, que malgré que cette loi soit passée, l'opposition a encore sa voix à faire entendre: "On a réuni 40 signatures pour intenter un recours pour anticonstitutionnalité contre cette loi".

Ce recours sera présenter d'ici la fin de la semaine est porteur d'espoir selon lui: "On est persuadé que cette loi sera rejetée pour anticonstitutionnalité" a-t-il confié.

L'Assemblée des représentants du peuple a adopté mercredi la loi sur la réconciliation administrative, une loi critiquée en Tunisie.

Adoptée par 117 voix pour, une abstention et 09 voix contre, la loi a été adoptée dans une ambiance houleuse.

Au courant de la journée de mercredi, la tension était palpable. Des députés d'oppositions ont entonné l'hymne national pendant la présentation du projet de loi répétant le passage suivant: "Que ne vive point en Tunisie quiconque la trahit". Ils ont voulu ainsi contester le passage en force de l’examen du projet de loi malgré les réserves qu’ils ont exprimé obligeant président de l'ARP à lever la séance.

Devant l'Assemblée plusieurs manifestants du mouvement "Manich Msemah" ("Je ne pardonne pas") ont manifesté contre cette loi entrainant des tensions entre la police et les manifestants.

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