La rappeuse maroco-hollandaise Nanah Dae en concert au festival L'Boulevard (INTERVIEW)

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NANAH DAE
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FESTIVAL - Après un an d'absence, le festival Boulevard revient à Casablanca, avec une programmation riche et éclectique. Parmi les nombreux artistes invités à se produire, Nanah Dae, une jeune rappeuse maroco-hollandaise qui donnera un concert ce soir au complexe Al-Amal.

Une voix singulière sur des rythmes vibrants, Hanane "Nanah Dae" est la seule rappeuse féminine au programme de ce premier week-end de festival (hormis celles qui participeront à la compétition Tremplin). Si le rap est son domaine de prédilection, Hanane s'essaye d'abord à la danse en intégrant un programme de Streetdance aux Pays-Bas. Elle y rencontre le producteur Kids Knows Beats qui lui offre la possibilité d'enregistrer une démo. Elle découvre un univers où elle peut s'exprimer librement et s'inscrit dans la foulée dans une école d'art pour se perfectionner. Nanah Dae est née.

Avant d'être signée chez Sony Music, la jeune femme a remporté un important concours de talent au Pays-Bas qui l'a propulsée sur le devant de la scène et lui a permis d'enregistrer deux titres, "I might as well" et "I'm the one". Deux morceaux aux sonorités hip-hop et electro sur lesquelles elle déballe, dans un anglais parfait, des paroles espiègles et intimidantes. Elle n'hésite d'ailleurs pas à s'autoproclamer "the baddest" et rappelle à qui veut l'entendre que les femmes sont aussi des dures à cuire. Sa verve et son univers musical rappellent indéniablement ceux de ses consoeurs américaines Azealia Banks ou Angel Haze. Rencontre avec une artiste qui fera très certainement parler d'elle.

Huffpost Maroc: En quelques mots, qui êtes-vous, Nanah Dae?

Nanah Dae: Je m'appelle Hanane, j'ai 25 ans, je suis née et j'ai grandi au Pays-Bas où je suis connue sous le nom de Nanah Dae. Missy Eliott est ma plus grosse influence. J'ai grandi en écoutant aussi les albums de Tupac que je piquais en cachette à un de mes frères. De nombreuses personnes me comparent à Angel et Azealia, c'est vrai, j'ai d'ailleurs rencontré Angel une fois, elle était super sympa. Mais je préfère pour ma part ne pas me comparer à elles. J'ai dans mon répertoire des morceaux très différents. Puis j'ai de la chance d'avoir des origines marocaines qui me donnent un sens du rythme que d'autres n'ont pas.

Qu'est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans le rap?

Je ne sais toujours pas ce qui m'a réellement motivée à me lancer. Mais après le divorce de mes parents, je cherchais un moyen d'extérioriser la douleur que cette épreuve m'a procurée. J'ai pris une feuille et un stylo et je me suis mise à noircir des pages entières. Cela m'a également permis de comprendre qui j'étais, dès mon plus jeune âge.

En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés pour vous imposer dans l'industrie du rap qui est essentiellement masculine?

Je pense qu'il faut qu'on arrête de dire que le milieu du rap est masculin, c'est faux. Ce genre de préjugé ne motive pas les femmes à se lancer. On est en 2017, le rap ne devrait plus avoir de genre ou de sexe. Je ne prête pas attention à ce que peuvent penser les hommes, je me considère au même niveau qu'eux et me concentre sur ma musique.

Pourquoi avoir choisi de rapper en anglais?

C'est drôle parce que j'ai commencé par rapper en hollandais et mon accent était affreux, je le détestais. Aux Pays-Bas, on a ce qu'on appelle un "accent plat". Quand je rappais, les gens trouvaient ma voix mignonne, ce qui n'est pas très crédible dans le milieu du rap. Donc je me suis entraînée sur des couplets de Missy Eliott et j'ai commencé à rapper et chanter en anglais.

Quels sont les sujets que vous abordez dans vos textes?

J'aime parler de mes histoires personnelles, de ma famille, j'aborde aussi le féminisme et le succès. Je raconte un peu ma vie pour me soulager quand je traverse des mauvaises passes.

Qu'est-ce que ça vous fait de vous produire au Maroc, votre pays d'origine?

Je n'arrive toujours pas à y croire, c'est énorme et génial d'être de retour dans mon pays. J'ai hâte de ressentir les bonnes vibes des Marocains et leur montrer ce que je sais faire. J'espère aussi voir beaucoup de filles à mon concert.

L'Boulevard est un gros festival, vous aller rapper devant des milliers de personnes. Pas trop stressée?

Je suis super nerveuse, mais de manière positive. C'est un gros concert alors je veux donner le meilleur et divertir un maximum la foule.

Vous écoutez du rap ou des artistes marocains?

J'en ai écouté plus jeune, surtout Fnaire. C'est mon frère qui m'a fait découvrir, car il a grandi au Maroc. J'adorais leur instru, c'était différent de ce qu'on entendait ailleurs, des rythmes et productions que j'adorais.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui souhaiteraient se lancer dans le rap ?

Ça peut sonner cliché, mais il faut qu'elles restent fidèles à elles-mêmes, c'est très important. Puis surtout être persévérantes car ça prend du temps d'accomplir des choses, ça ne tombe pas du ciel.

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