Moussa Touati révèle que son parti a payé un pot de vin pour son siège à l'APN et s'explique

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MOUSSA TOUATI
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En plus de sa grève de la faim, Moussa Touati (FNA, Front national algérien) a dû payer des pots de vin pour pouvoir accéder à son unique siège à l'Assemblée populaire nationale (APN).

Le président du Front national algérien (FNA) a défrayé la chronique hier mercredi 13 lorsqu’il a annoncé que des militants de son parti "ont été obligés de corrompre des agents administratifs pour récupérer des copies des procès-verbaux des dépouillements" leur permettant de déposer un recours auprès du Conseil constitutionnel.

Rappelons que le Front national algérien avait obtenu un siège lors des résultats provisoires annoncés au lendemain des élections par le ministre de l'Intérieur Nourredine Bedoui. Mais le parti de Moussa Touati a perdu ce siège une semaine plus tard, lors de l'annonce des résultats par le Conseil constitutionnel.

Le président du FNA a entamé une grève de la faim pour protester contre ces résultats. Son parti a réussi à obtenir gain de cause et récupérer son siège lors des résultats définitifs du Conseil constitutionnel, finalement grâce à l’intervention d’un "riche" militant du parti qui s’est trouvé, à en croire encore Moussa Touati, "obligé de corrompre l'administration pour pouvoir introduire un recours", a-t-il expliqué au HuffPost Algérie.

"Après l’annonce des résultats du Conseil constitutionnel, nous avons tenté des recours dans 33 wilayas pour récupérer notre siège, perdu au profit d'autres partis. En vain. Nous avons été privés des copies des procès-verbaux des dépouillements, nécessaires pour introduire un recours", a dénoncé M. Touati.

Le président du FNA a ajouté qu'"un de nos militants, après avoir annoncé que nous avions gagné un siège à Blida, a été obligé de céder et d'acheter ces documents aux agents administratifs pour pouvoir introduire un recours".

Interrogé par le HuffPost Algerie sur le montant du pot de vin qui a dû été payé, Moussa Touati a répondu ignorer le montant de cette "transaction" tout en refusant de divulguer l'identité du militant qui a payé le pot de vin. Par ailleurs, il explique avoir décidé d’en parler maintenant pour montrer le "caractère commercial des élections” en Algerie.

Le président du FNA a d'ailleurs appelé à annuler les dernières élections législatives, à cause de la "falsification des résultats" et de "la démission du peuple algérien", au vu des taux de participations.

"Nourredine Bedoui a annoncé une participation de 38%. Le Conseil constitutionnel a divulgué un chiffre de 33% et la HIISE de Abdelwahab Derbal a annoncé de son côté un taux de 28%. Comment peut-on admettre des élections avec des taux aussi divergents et aussi bas ?", s'interroge-t-il.

Des anomalies confirmées par la Mission d'expertise électorale (MEE) dépêchée par l'Union européenne, dans son rapport publié en juillet 2017. Ses membres ont pointé du doigt certaines "anomalies" et "incohérences" dans l'organisation et le déroulement des élections, refusant toutefois de détailler leurs appréciations sur l'intégrité du scrutin.

LIRE AUSSI: Législatives 2017: les experts de l'UE relèvent des "anomalies" et des "incohérences"

Moussa Touati a tenu également à dénoncer une "falsification des résultats". Il a affirmé que le procédé - à savoir la corruption - est généralisé auprès des autres partis et candidats.

”L'administration a falsifié les résultats et les candidats sans aucun poids, politique ou financier, (من لا حول ولا قوة لهم, ) se retrouvent ainsi impuissants". Il ajoute que ces partis ne peuvent pas non plus compter sur le soutien de la Haute instance d'inspection et de surveillance des élections (HIISE), puisque leurs recours ou leurs plaintes sont restés sans suites, faute de "justice indépendante".

Un point déjà soulevé par l'Union européenne, qui a regretté que les autorités n'ont même pas intégré lors de ces législatives la HIISE dans le processus d'organisation, monopolisé par le ministère de l'Intérieur. Cette instance exclut également des représentants ou candidats aux élections, bien qu'ils soient les principaux concernés". De l'avis de l'Union européenne, les contrôles exercés par la HIISE "étaient, de facto, limités".

Cela ne va tout de même pas dissuader Moussa Touati de participer aux prochaines élections locales, le FNA sera donc de la course malgré tous les déboires dont se plaint son président.

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