Manifeste de 200 personnalités tunisiennes et étrangères pour l'égalité hommes-femmes

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SOCIÉTÉ- Elles sont Tunisiennes, mais aussi Algériennes, Marocaines, Libanaises, Syriennes, Iraniennes, Françaises...200 personnalités en tout, à plaider pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Parmi lesquelles des universitaires, des militantes de la société civiles et des artistes. Elles ont signé un manifeste intitulé "Manifeste pour l'égalité", publié dans le quotidien "Le Maghreb" ainsi que dans le journal français "Libération".

Ce manifeste a pour but d'appuyer les appels du président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour l'instauration de l'égalité dans l'héritage entre les hommes et les femmes ainsi que la levée de l'interdiction du mariage de la Tunisienne avec un non-musulman, dont la circulaire a été officiellement annulée, jeudi 14 septembre, selon la porte-parole de la présidence de la République Saida Garrach.

Concernant la nécessité d'abolir l'inégalité dans l'héritage, les signataires estiment qu'"en suggérant de mettre fin à une inégalité qui pénalise les femmes dans tous les domaines en ne leur accordant que la moitié de ce qui revient aux hommes, le président tunisien s’est attaqué à un des tabous les plus solides qui prévaut dans les pays où l’islam est la religion majoritaire".

Quant à l'abrogation de l'interdiction du mariage de la Tunisienne avec un non-musulman, elles affirment : "En mettant fin à cette violation caractérisée de la liberté de choix du conjoint - qui a cours dans une grande partie des pays musulmans - la Tunisie se trouverait enfin en conformité avec les conventions internationales qu’elle a ratifiées sans en transférer les dispositions dans son droit interne".

Et d'ajouter: "Nous, signataires de ce manifeste, nous nous devons de soutenir cette initiative qui nous concerne toutes. Parce que les sociétés ont changé et que les femmes y jouent un rôle de plus en plus important, nous refusons que l’injustice au nom de la religion continue de sacraliser leur infériorité".

"Nous demandons aux autorités tunisiennes de traduire rapidement dans la loi les annonces présidentielles. La Tunisie, qui a adopté le code du statut personnel, serait une fois encore à l’avant-garde de l’indispensable marche vers l’égalité des sexes et ouvrirait un débat qui s’impose à l’ensemble des sociétés majoritairement musulmanes. Elle donnerait ainsi un signal d’espoir à toutes les femmes qui luttent pour l’égalité. Et consacrerait une véritable émancipation des femmes de ces pays sans laquelle aucun projet de société démocratique ne peut être viable", appellent les 200 signataires.

Parmi elles, la cinéaste et ex-députée de l’Assemblée constituante Selma Baccar ou encore Nadia Nadia Chaabane, l'universitaire Sana Ben Achour, l'écrivaine Faouzia Zouari, l'actrice Leila Toubel, l'universitaire Raja Ben Slama, la présidente de l'ATFD Monia Ben Jémia, l'écrivaine Sophie Bessis, l'universitaire kalthoum Méziou, et tant d'autres.

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