La mairie de Casablanca s'explique suite à l'option de résiliation du contrat de "SITA Blanca"

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CASABLANCA - La mairie de Casablanca est visiblement remontée contre la société de nettoyage. Selon Mohamed Haddadi, adjoint au maire de Casablanca chargé de ce secteur, l'option de résiliation du contrat de la gestion déléguée des déchets ménagers avec la société "SITA Blanca" est "dictée par la nécessite de mettre fin à la dégradation de la propreté" dans la capitale économique.

La situation connait "une détérioration notable à cause de profonds dysfonctionnements au niveau de la gestion des déchets ménagers et du non respect des engagements pris par SITA", a-t-il déclaré à la MAP, à la veille de la tenue, vendredi, d'une session extraordinaire du conseil de la ville consacrée au vote de la résiliation du contrat de la filiale du groupe français Suez Environnement.

130 millions de dirhams de pertes en trois ans

Mohamed Haddadi a considéré comme "irrationnel" le fait de vouloir convaincre les habitants de Casablanca et leurs élus de l'augmentation du budget de 300 millions de dirhams, alloué annuellement à SITA, sous prétexte que cette somme est "insuffisante" après les pertes essuyées par la société française. Elles s'élèveraient ainsi selon une estimation à 130 millions de dirhams en trois ans de gestion.

"Plus de 200 infractions sont relevées quotidiennement à cause du non respect du cahier des charges, en plus de la persistance de 'points noirs' dans un nombre d'arrondissements et l'absence ou l'insuffisance de conteneurs à déchets", a-t-il expliqué.

Le Conseil de la ville formule d'autres griefs, comme les manquements au sujet du marché de gros, le renouvellement des camions-bennes et "le refus de coopérer" avec l'autorité déléguante. Les pénalités infligées à la société SITA à cause de ces négligences "n’ont fait qu'accentuer les pertes matérielles dont elle se plaignait", a-t-il regretté, notant que le montant desdites pénalités a atteint, de janvier à août dernier, 30 millions de dirhams, "un montant qu'il faut, certes, déduire du budget qui lui est destiné".

Les casablancais dépités

"La société française a été pourtant contactée, à maintes reprises, par l'actuel Conseil de ville et son prédécesseur afin d'attirer son attention sur la détérioration de la propreté dans la ville", a-t-il fait savoir, soulignant qu'à défaut d'un compromis, il sera procédé à la résiliation du contrat avec SITA qui assume "la responsabilité de ses ennuis financiers ainsi que les problèmes de propreté dans les neuf arrondissements dont elle a la charge".

Au cas où le Conseil décide de résilier le contrat de SITA, qui court encore jusqu'en 2021, il envisage, selon des sources concordantes, de confier provisoirement ce service à la SDL Casa Prestations, en attendant le lancement d'un nouvel appel d'offres.

Au moment de la signature de ce contrat en 2014, la société s'était engagée à investir plus de 240 millions de dirhams, un budget notamment dédié à l'acquisition de 109 véhicules de collecte et 28 autres de nettoiement répondant aux normes les plus exigeantes en termes de sécurité et d'environnement.

Agacés par l'amoncellement des déchets, les casablancais n'ont cessé de manifester leur agacement face à "la laideur" et "la puanteur" qui les frappent au quotidien, notamment par le biais des réseaux sociaux.

Casa Prestations avait, elle aussi, élaboré un rapport sombre sur la réalité "affligeante" des conditions de propreté dans la métropole, jetant l'entière responsabilité sur la société française.

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