Sous la présidence de Nizar Baraka, le CESE s'engage à réduire l'injustice climatique

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NIZAR BARAKA
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CLIMAT - C’est une réalité: le réchauffement climatique aura des conséquences auxquelles la société devra s’adapter. Certains auront les moyens de le faire tandis que d’autres, plus vulnérables, ne le pourront pas. Une sorte "d’injustice climatique" qu’il faut réduire et qui a été le thème d’un débat organisé le 12 septembre par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en marge du Sommet "Climate Chance" à Agadir.

Finances climatiques: le CESE sera le garde-fou

La rencontre a été une occasion pour les panellistes de se pencher sur le rôle de la société civile pour l’instauration de cette justice climatique. "Nous n’avons plus le droit de rester passifs, de rester spectateurs", a d’emblée lancé Nizar Baraka, président du CESE, appelant les associations à agir pour réduire les vulnérabilités économiques, sociales et environnementales des populations les plus exposées à la pauvreté.

Et pour accompagner les efforts de la société civile, la structure présidée par Nizar Baraka se propose de devenir le porte-voix des associations organisées, auprès du gouvernement et du parlement. Un accompagnement qui touchera également le volet du financement des actions de luttes contre les changements climatiques. "C’est le CESE qui accompagnera cette transition et constituera le garde-fou pour l’allocation équitable des ressources", a souligné Nizar Baraka.

Un leadership salué par les associations présentes, qui pourront enfin compter sur un interlocuteur à leur écoute face au lourd chantier qui les attend. Car chercher à réduire ces disparités climatiques peut rapidement s’avérer laborieux, voire impossible à mettre en oeuvre. Certaines régions du globe connaissent en effet des conditions climatiques plus rudes que d’autres. C’est le cas du Grand Nord canadien ou du désert du Sahel africain. "Cette injustice climatique là est acceptable, car naturelle. L’injustice qu’il s’agit de combattre aujourd’hui est celle due aux changements climatiques exagérés à cause de l’intervention humaine", précise Abderrahim Ksiri, président de l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD).

Responsabilité climatique, chacun selon sa contribution

L’instauration d’une justice climatique impose donc de travailler sur différents niveaux. Le premier est à dimension internationale et passe par la responsabilisation des acteurs mondiaux. "Nous connaissons tous les pays pollueurs et les grands groupes industriels qui contribuent le plus aux émissions de gaz à effet de serre. Il faut les responsabiliser", insiste le président de l’AMCDD. L’Accord de Paris l’a d’ailleurs souligné en rappelant le principe des "responsabilités communes, mais différenciées" de la Convention onusienne sur le climat de 1992. Les efforts demandés aux divers pays seront en somme proportionnels à leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique.

Le deuxième niveau est d’ordre national et implique de s’attaquer à d’autres aspects qui n’ont, à priori, rien à voir avec le volet climatique. "L’injustice climatique est amplifiée par les injustices socio-économiques déjà existantes. Pour y remédier, il faut donc s’attaquer à la racine du problème", affirme Said Chakri, membre de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA).

Les syndicats veulent du concret

Plusieurs pistes ont été en ce sens évoquées, dont la plus importante concerne le volet socio-économique et notamment la question de l’équité de l’accès aux financements. Une revendication qui revient souvent lors des négociations. "Il faut équilibrer entre les grandes sociétés et les très petites entreprises, tout comme entre les associations nationales et les petites associations de proximité. Les petites structures sont aussi porteuses de projets innovants qu’il va falloir financer", soutient Abderrahim Ksiri.

Un autre aspect socio-économique évoqué est celui de la situation des travailleurs dans les énergies fossiles. "Les syndicats de ce secteur sont conscients des enjeux climatiques, mais ils veulent savoir quel sera le futur des travailleurs dans l’avenir que les États sont en train de construire", expose Anabella Rosemberg, conseillère sénior en environnement, en santé et sécurité au travail à la Confédération syndicale internationale. Il s’agit donc d’instaurer un système de protection sociale à même de faciliter la transition.

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