Où en est l'affaire de la "Chat-Warma"? La journaliste campe sur ses positions, les autorités démentent

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Wassilios Aswestopoulos/NurPhoto via Getty Images
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Un article paru le mercredi 13 septembre 2017 dans le quotidien Al Chourouk affirmant qu'un restaurant situé dans le quartier d'El Manar à Tunis servirait de la Chawarma faite à base de viande de chats, et qu'un ambassadeur étranger aurait fait appel à un politicien tunisien afin d'étouffer l'affaire.

L'information qui a été relayée par plusieurs médias tunisiens n'a pas échappé aux internautes et a fait l'effet d'une bombe sur les réseaux sociaux laissant place à des spéculations autour du nom du restaurant en question, mais aussi de l'ambassadeur et du parti politique impliqués.

Face au bruit causé par cette affaire, la Direction de l’Hygiène du Milieu et de la Protection de l’Environnement (DHMPE), rattachée au ministère de la Santé a affirmé dans une déclaration à la télévision Nessma qu'une équipe d'agents d'inspection s'est immédiatement rendue sur place afin de faire des vérifications et qu'il s'agirait vraisemblablement d'une rumeur puisque les contrats d'approvisionnement en viande dudit restaurant sont tous en règle.

Toujours selon Nessma TV, le directeur de la DHMPE, Mohamed Rabhi aurait déclaré que la présence d'un sac rempli de têtes de chats dans le dépôt d'un restaurant ne prouve pas l'utilisation de viande de chats dans ses préparations.

À l'antenne de radio IFM, Mohamed Rabhi a déclaré que, prétendre que de la Chawarma puisse être faite à partir de viande de chats est "un peu tiré par les cheveux".

Le ministère de l'Intérieur a également réagi dans un communiqué publié le même jour dans lequel il a confirmé les déclarations de Mohamed Rabhi indiquant que le restaurant en question fait l'objet d'inspections d'hygiène régulières en coordination avec la DHMPE et qu'aucune infraction de sa part n'avait été enregistrée ni par la police municipale, ni par les organismes chargés de l'hygiène et de la protection de l'environnement.

De son côté, dans une déclaration à l'antenne de radio Shems FM, le ministre du Commerce, Omar El Behi, a aussi démenti l'information.

Le restaurant qui aurait été l'objet des inspections d'hygiène et victime de la rumeur, a quant à lui répondu aux accusations du journal Al Chourouk dans un communiqué publié sur sa page Facebook, dénonçant "une affreuse diffamation dans le but de ternir l'image du restaurant et l'honneur de ses employés".

En réponse à la polémique, l'auteur de l'article, Mouna Bouazizi a réitéré sur les ondes de radio IFM, les propos tenus dans son article en affirmant qu'elle menait une enquête sur la vente clandestine de viande d'âne, quand elle a découvert cette viande de chats. Bouazizi a également souligné la prétendue intervention d'un ambassadeur étranger en faveur du restaurant en question afin d'étouffer l'affaire.

"Les têtes de chats ont été saisies dans ce restaurant. Des mesures allaient être prises contre ce dernier quand un politicien d'un grand parti politique tunisien est intervenu à la demande d'un ambassadeur étranger pour éviter d'ébruiter l'affaire" a-t-elle déclaré à l'antenne de radio Shems FM avant d'ajouter "Je n'ai aucun intérêt à nuire à ce restaurant. J'ai seulement voulu alerter les consommateurs afin qu'il fassent plus attention".

Sur les ondes de radio Shems FM, Mouna Bouazizi a par ailleurs affirmé que la source policière qui lui a transmis l'information est extrêmement fiable. "Je n'ai publié mon article qu'après avoir été certaine de l'exactitude de l'information" a-t-elle déclaré.

Slim Saâdallah, directeur de l'Organisation de Défense du Consommateur, a également démenti la rumeur précisant que les factures d'approvisionnement des restaurants soupçonnés ont été scrutées et que rien n'indique la vente de viande de chats.

Entre affirmations et démentis, le fin mot de l'histoire risque de ne jamais voir le jour.

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