Ces réfugiés syriens cuisinent pour les victimes de l'ouragan Irma

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PHOTO PROVIDED BY GHAZAL AND BAKRI SISTERS
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INTERNATIONAL - Elles ont fui la Syrie en 2012, au début de la guerre civile qui a enflammé le pays. Après quatre années de transition en Égypte, Abeer et Nora al-Sheikh Bakri ont atterri à Clarkston en Géorgie en 2016, avec d'autres membres de leur famille. L'État américain se situe au nord de la Floride, entre l'Alabama et la Caroline du Sud.

Elles savent ce que cela fait de voir sa maison tomber sous ses yeux. Quand l'ouragan Irma a fait des siennes dans le sud des États-Unis, laissant se déplacer plus d'un demi-million de personnes, elles ont décidé de passer à l'action.

"J'ai appelé Nora et on s'est mis à cuisiner", raconte Abeer, 28 ans, au HuffPost. Elles se sont ensuite rendues au Centre islamique d'Alpharetta, où s'étaient réfugiées 39 personnes.

"Qu'ils ressentent un peu de gaieté"

Taboulé et kebab au menu. "Nous avons été déracinées par la guerre, nous savons ce que c'est que d'avoir tout laissé derrière soi", explique Abeer. "J'ai eu tellement peur quand j'ai entendu parler de l'ouragan, renchérit Nora, 30 ans, nous les Syriens sommes bien traumatisés."

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La mosquée a proposé de les dédommager mais elles ont refusé, se déclarant fières d'aider leur communauté. "Je voulais aider ces gens pour qu'ils ressentent à nouveau un peu de gaieté, qu'ils ne se sentent pas aussi déracinés que nous l'avons été", précise Nora.

Cette dernière espère que son geste parlera de lui-même: "Nous sommes comme les Américains. Nous ne voulons de mal à personne. C'est dans notre nature, en tant que Syriens. C'est ce que notre religion nous demande de faire, donner et aider ceux dans le besoin."

25 repas

De son côté, Nazer Ghazal, un réfugié syrien de 53 ans, provenant de Damas et qui vit près de Tucker en Géorgie, a eu la même envie. Le chef a offert 25 repas aux évacués qui avaient trouvé refuge dans la mosquée de la ville.

Les sœurs Bakri sont habituées à cuisiner en grandes proportions. Elles ont monté une entreprise de traiteur, Sweet and Savory. Leurs maris respectifs, qui sont également frères, avaient essayé d'ouvrir un café en Égypte, sans succès.

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"Nous avons été obligés de venir aux États-Unis à cause de la guerre, a-t-il déclaré, mais nous sommes là maintenant et nous voyons tout ce qu'il y a de positif dans ce pays. Et c'est à nous aujourd'hui de faire du bien autour de nous."

Le climat géorgien l'a quelque peu surpris, c'était la première fois qu'il expérimentait un ouragan. "Nous sommes habitués à la guerre, pas aux typhons, a-t-il dit. Nous n'étions pas effrayés, pour être honnête, nous avons connu la guerre."

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