Au Maroc, plus d'un enfant réfugié sur quatre n'est pas scolarisé

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Au Maroc, plus d'un enfant réfugié sur quatre n'est pas scolarisé | UNHCR-Maroc
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ÉCOLE - Plus d'un enfant réfugié sur quatre ne va pas à l'école au Maroc. C'est le constat établi par le bureau marocain du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Dans un communiqué conjoint publié ce mardi 12 septembre avec l'UNICEF - l'organisation onusienne en charge de la défense et de la promotion des droits de l’enfant -, le HCR indique qu'au 1er septembre 2017, il y avait 4.924 réfugiés enregistrés au Maroc. Parmi eux, 1.262 étaient des enfants en âge de scolarisation, et environ 73%, soit près de trois sur quatre, sont effectivement scolarisés (84% dans le primaire et 54% dans le secondaire, contre respectivement 97,4% et 87,6% au niveau national).

Si le HCR félicite la stratégie nationale d’immigration et d’asile mise en place par le Maroc, qui consiste à favoriser l’insertion des enfants réfugiés dans le système éducatif national en leur donnant l'accès gratuit aux établissements scolaires publics primaires et secondaires, certains freins expliquent pourquoi seul un jeune réfugié sur deux est inscrit au collège ou au lycée.

Pas le niveau, problème de langue, mendicité...

Lorsque les demandeurs d'asile viennent s'enregistrer auprès du HCR, ce dernier note l'âge des enfants et leur niveau de scolarisation. "Souvent, ils ont passé plusieurs mois voire années sur les routes de la migration, sans aller à l'école. Lorsqu'ils arrivent au Maroc, ils sont parfois trop âgés pour intégrer des classes qui correspondent à leur niveau de scolarisation dans leur pays d’origine", explique au HuffPost Maroc Malgorzata Bratkrajc, chargée des relations extérieures au HCR.

Autre difficulté: la barrière de la langue. Pour les enfants réfugiés syriens, par exemple, intégrer des classes dont la langue d’instruction est le français sera compliqué. Idem pour les jeunes d'origine subsaharienne, qui auront du mal à rejoindre des écoles où les cours sont en arabe.

Enfin, les réfugiés sont, de manière générale, dans une situation de grande vulnérabilité. "Les familles n'ont pas forcément les moyens de subvenir à leurs besoins. De temps en temps, les enfants doivent mendier pour aider financièrement leur famille. C'est le cas de nombreux jeunes syriens au Maroc", explique Malgorzata Bratkrajc. "Aussi, certaines filles sont mariées jeunes et ne peuvent donc continuer leurs études".

Cours de soutien

Afin de protéger les enfants du mariage précoce ou de la mendicité, le HCR met ainsi en place des cours de langues ou de mise à niveau à leur arrivée au Maroc. Dispensés par la Fondation Orient-Occident, présente à Rabat, Casablanca, Fès, Meknès, Tanger et Oujda, ces cours de soutien durent de quelques semaines à quelques mois, voire une année, avant que les jeunes réfugiés ne soient intégrés au système scolaire marocain.

"Nous essayons d'étendre cela sur tout le territoire national, mais c'est difficile parce que les réfugiés sont présents dans une cinquantaine de villes marocaines", explique la chargée des relations extérieures, qui précise néanmoins que des partenariats sont établis par la Fondation Orient-Occident dans les villes où elle n’est pas présente avec d’autres institutions de la société civile travaillant dans l’éducation informelle.

Les réfugiés qui ont pu suivre une instruction représentent pourtant "un atout pour leur société d’accueil, puisqu’ils sont aptes à contribuer au développement de l’économie locale, et aussi à soutenir l’avancement de leur pays d’origine en cas de retour", conclut le HCR.

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