L'Espagne compte investir 12 millions d'euros pour renforcer la barrière de sécurité de Sebta

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MIGRANTS SPAIN
Belongings of African migrants hang from a border fence after their attempt to cross into Spanish territories, between Morocco and Spain's north African enclave of Melilla, Spain, February 18, 2016. REUTERS/Jesus Blasco de Avellaneda | Jesus Blasco De Avellaneda / Reuters
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FRONTIÈRE - Les autorités espagnoles passent à l'offensive. Le ministre de l'intérieur, Juan Ignacio Zoido, était face à la commission de l'Intérieur ce mardi 12 septembre, afin de "s'expliquer sur le passage en août dernier de près de 200 migrants à Sebta", explique le journal espagnol Publico.

Le ministre a profité de l'occasion pour annoncer que l'État espagnol compte investir 12 millions d'euros pour renforcer la frontière maroco-espagnole, et plus précisément la barrière séparant le Maroc de Sebta. "8.956 personnes ont tenté de franchir la frontière cette année contre 613 l'année dernière", a déclaré le ministre, qui ajoute que "cette barrière ne joue plus son rôle".

Remodelage général

Construite en 1999, la barrière qui sépare le Maroc de l'enclave de Sebta est régulièrement soumise à des aménagements, rappelle pour sa part le journal britannique The Times.

Le gouvernement espagnol a ainsi décidé la mise en place de nouveaux dispositifs, dont un renouvèlement du parc de caméras de surveillance avec des caméras thermiques, l'éliminations des points morts ou encore l'amélioration du passage des transporteurs et des porteurs de marchandises, selon Publico, une annonce qui fait suite aux décès cette années de nombreuses "femmes mulets".

La police de Sebta sera également équipée d'hélicoptères afin de pouvoir "détecter avec une meilleure précision les mouvements à la frontière", selon le site espagnol La Razon.

En mars dernier, les autorités espagnoles ont également évoqué l'éventualité d'utiliser des drones pour décourager les candidats à l'immigration illégale, annonçait le journal espagnol ABC Andalusia.

À l'occasion de son audition devant la commission, le ministre a également nié les accusations de l'ONG Walking Border, qui affirme que la Guardia civile a refoulé un bateau de migrants qui tentaient de se rendre en Espagne. Le ministre a démenti, avançant que "la marine royale marocaine a intercepté le bateau, que plusieurs personnes ont sauté dans la mer et ont été secourus par la Gardia civile", rapporte Politico.

Hausse du nombre de passage

Cette année, plus de 15.000 personnes ont traversé illégalement la frontière terrestre et maritime séparant le Maroc et l'Espagne, explique le quotidien britannique The Times, contre 10.800 en 2016 . Une recrudescence due, selon le journal anglais, à la dangerosité que représente la filière libyenne, qui pousserait des candidats à la migration à préférer un passage par le Maroc. La Libye reste cependant une route extrêmement empruntée par les migrants subsahariens vers la Méditerranée, avec pas moins de 100.000 passages en 2017.

D'autres sources, à l'instar de l'agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures (Frontex), mettent en cause le renforcement du déploiement de la police marocaine dans la région du Rif. Les manifestations dans la région ces derniers mois aurait ainsi entraîné une diminution du nombre de forces de sécurité marocaines présentes à la frontière avec l'Espagne.

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