Climate Chance: Les élus africains se mobilisent pour le climat

Publication: Mis à jour:
ELUS AFRICAINS CLIMATE CHANCE
HuffPost Maroc
Imprimer

ENVIRONNEMENT - Réunis à Agadir dans le cadre du 2e "Climate Chance", sommet mondial réunissant les acteurs non-étatiques engagés pour le climat, une trentaine de maires africains ont lancé le mardi 12 septembre la déclaration des élus locaux et régionaux d’Afrique. Cette déclaration fait ainsi suite à l’Appel à l’Action lancé lors de la COP22 de Marrakech pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

40% de CO2 en moins d’ici 2030

Annoncé en grande pompe lors d’une séance plénière, le manifeste revient notamment sur l’engagement des élus africains à lutter contre le dérèglement climatique dans leurs propres territoires, en particulier les zones urbaines. L’accent est mis en ce sens sur les émissions de gaz à effet de serre et sur les mesures d’adaptation nécessaires pour les réduire. "Nous nous engageons à mener à bien ces 'plans climat' et à impliquer tous les acteurs de nos territoires: citoyens, associations, acteurs économiques, etc.", peut-on lire dans la déclaration.

Les élus africains ont profité de cette occasion pour lancer un appel aux villes et régions d’Afrique pour la Convention Mondiale des Maires pour le Climat et l’Énergie. Proclamée "plus grande initiative urbaine pour le climat et l’énergie au monde" par le commissaire Miguel Arias Cañete, cette convention a été lancée en 2008 et rassemble des milliers d’autorités locales et régionales, volontairement engagées dans la mise en œuvre des objectifs européens en termes de climat et d’énergie sur leur territoire. Les nouveaux signataires devront ainsi s’engager à réduire les émissions de CO2 de 40% au minimum d’ici 2030 et à adopter une approche intégrée visant à atténuer le changement climatique et à s’y adapter.

L’accès à l’énergie érigé en priorité

Autre point important sur lequel sont revenus les élus africains: reconnaître la spécificité des défis du dérèglement climatique auxquels font face les régions africaines. À cet effet, ils ont demandé à ce que priorité soit donnée à l’accès à l’énergie au niveau territorial. Selon eux, ce n’est que "dans le cadre de la mise en œuvre de ces stratégies d’accès à l’énergie que les stratégies d’atténuation doivent être développées".

À noter qu’en marge de la Déclaration des élus africains, le président du Conseil régional ivoirien de San Pedro, Donatien Beugre a signé un mémorandum d’entente avec Matt Rodriquez, secrétaire chargé de l’environnement de l’État de Californie. Il s’agit du Mémorandum d’accord sur le leadership climatique infranational mondial, aussi appelé "Under 2 Mou".

Au Maroc, les moyens humains sont insuffisants pour rejoindre l’Under 2 Mou

Né d’un partenariat entre l’État de Californie, aux États-Unis, et le Land de Baden-Württemberg, en Allemagne, "Under 2 Mou" est une initiative qui engage les gouvernements infranationaux à adopter des objectifs de réduction des émissions. Ainsi, chaque membre signataire s’engage à réduire les émissions de 80% à 95% en dessous du niveau de 1990 d’ici 2050, ou de deux tonnes métriques par personne d’ici 2050. C’est le niveau de réduction des émissions estimé nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C d’ici la fin du siècle.

Enthousiastes à cette idée, trois régions marocaines souhaitent également ratifier l’Under 2 Mou, à savoir Souss-Massa, Rabat-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Seulement, en l’absence de moyens humains et techniques pour une mesure précise des émissions selon les critères du mémorandum, elles se sont contentées de signer une lettre d’intention dans laquelle elles réaffirment leur engagement à lutter contre le dérèglement climatique en l’attente de ratifier l’Under 2 Mou.

LIRE AUSSI: