En Tunisie, des manifestants réclament justice pour les musulmans Rohingyas en Birmanie

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Dans un élan de solidarité, deux manifestations organisées par des partis politiques tunisiens d'opposition ainsi que des gens de la société civile, ont eu lieu à Tunis vendredi 8 septembre pour protester contre la persécution de la minorité musulmane birmane, les Rohingyas, dans l'État de Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie.

Plus de 200 manifestants ont envahi le centre ville

Une foule de tous genres et de tous âges, réunie par le parti d'opposition Tayar al-Mahaba avait brandit des dizaines de bannières condamnant les crimes commis par les militaires birmans contre les Rohingyas musulmans.

"Nous sommes venus dénoncer les crimes horribles commis contre les Rohingyas en Birmanie", a déclaré le président de l’Association Ibn Khaldoun, Khaled Tablaoui, à l’agence de presse turque Anadolu

Les manifestants ont également distribué des tracts dénonçant les exactions continues des autorités birmanes, appelant le gouvernement tunisien, ainsi que les "pays amis" à intervenir pour mettre fin aux "atrocités".

Le 04 septembre dernier, le ministère tunisien des Affaires étrangères avait dénoncé dans un communiqué la situation des Rohingyas appelant la communauté internationale "à prendre ses responsabilités".

"Honte à la Russie et la Chine"

Pendant ce temps, une deuxième manifestation organisée par le parti Courant Démocratique près du Théâtre municipal, où des dizaines de militants du parti ont fortement condamné les atrocités subies par Rohingyas en Birmanie.

Des banderoles comme "arrêtez l'effusion de sang en Birmanie", "Arrêtez d'assassiner des musulmans" ou encore "Le génocide des musulmans en Birmanie est un crime contre l'humanité" ont ainsi été brandies. Des manifestants ont également dénoncé le soutien russe et chinois à la persécution des Rohingyas. Mohamed Abbou, le secrétaire général du parti, s'est également joint à la foule dénonçant ce qui se passe en Birmanie comme "un crime contre l'humanité".

Abbou qui a exprimé à Anadolu son étonnement face au silence de la cheffe du gouvernement birman Aung San Suu Kyi, avait également appelé à ce que l'ONU prenne position à l’Assemblée Générale de ce mois pour mettre fin à ces crimes, et presser la Russie et la Chine d'arrêter de protéger le régime birman en abandonnant leur droit de veto.

Idem du côté du député du parti Ghazi Chaouachi.

L'ONU a tiré vendredi 8 septembre 2017 la sonnette d'alarme et enjoint à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi de "se mobiliser": le nombre de musulmans rohingyas ayant fui les violences en Birmanie ces deux dernières semaines s'est désormais élevé à 370 000, avance l'agence Reuters.

Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations. Des attaques meurtrières des rebelles Rohingyas contre la police fin août en Birmanie ont déclenché une nouvelle répression sanglante de l'armée birmane.

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