Sofia Djama: "Mon film passera en France mais je n'ai pas encore reçu d'offre pour l'Algérie"

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SOFIA DJAMA
Sofia Djama et Lyna Khoudri posent pour le prix Orizzonti pour le prix de la "Meilleure actrice" dans son rôle dans "les Bienheureux." | Elisabetta A. Villa via Getty Images
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Le long métrage de fiction "Les Bienheureux" de la réalisatrice algérienne Sofia Djama a reçu le "Prix de la meilleure actrice" au 74e Festival international du film de Venise qui a pris fin dimanche. La jeune Lyna Khoudri a été distinguée pour son rôle dans cette coproduction algéro-belge sortie en 2017.

Dans ce long-métrage, on retrouve l'histoire des "Bienheureux" qui vivent à Alger en 2008. Les bienheureux, titre qui tend vers l'ironie, sont ces Algériens désillusionnés dont le bonheur semble inatteignable dans une société devenue "schizophrène", précise la réalisatrice interrogée par le HuffPost Algérie.

Dans ce film, deux générations s'opposent : celle qui a vécu la décennie noire et celle qui a vingt ans en 2008. Un conflit de générations, des relations intergénérationnelles de familles qui se frôlent sans réussir à se toucher. Entre espoir et visions idéologiques brisées, ces morceaux de vie montrent le quotidien de personnes qui ne demandent qu'à s'épanouir dans leur propre pays.

Des scènes filmées dans des appartements modestes de la capitale aux plans luxueux de l'hôtel El-Aurassi, on découvre une Algérie contrastée et diverse. La capitale possède une place primordiale : "de lieu de tournage, elle prendre la place de personnage à part entière", précise Sofia Djama.

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Le film devrait être diffusé en France avant le 13 décembre 2017, mais n'a pas encore reçu d'offre de distributeur en Algérie. Elle reste sceptique quant à la projection éventuelle du long-métrage, à cause notamment, du réseau de salles quasi-inexistant.

Un manque d'intérêt des institutions, notamment celles qui peuvent financer le cinéma en Algérie que déplore la jeune réalisatrice :

"On espère que recevoir un prix international permettra aux autorités compétentes de réaliser que nos productions ne sont pas forcément « contre eux » mais qu'au contraire, on veut aider notre pays à avancer."

Sofia Djama espère également voir le rapport à la culture cinématographique changer et que l'on puisse l'inculquer aux nouvelles générations et ce, dès l'entrée à l'école primaire.

"Ouvrir plus de salles de projection, organiser des sorties scolaires au cinéma permettrait à ce domaine de se développer et donner un nouveau souffle à notre pays."

Et la réalisatrice et scénariste n'en est pas à sa première production cinématographique puisqu'elle avait déjà réalisé deux courts-métrages : "Les 100 pas de Monsieur X" et "Mollement, un samedi matin".

Cependant, ce n'est pas la première fois que Sofia Djama reçoit un prix d'une telle envergure, puisqu'en 2012, elle avait été primée à deux reprises lors du festival du court métrage de Clermont-Ferrand. Encore une fois très bien accueillie par le public, la réalisatrice est aujourd'hui fière de la standing ovation offerte par le public italien à la fin du film.

"Obtenir ce genre de prix nous donne un élan d'énergie pour la suite", précise Sofia Djama. Elle précise qu'elle travaille déjà sur un projet de long-métrage.

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