Le prince marocain Moulay Hicham: "Mon expulsion n'est pas digne de la noblesse de la révolution tunisienne"

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L'affaire de l'expulsion du prince marocain Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI et opposant au monarque, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. Venu pour participer à l’ouverture d'un séminaire portant sur le thème des "tendances démocratiques au Moyen-Orient", le prince a été expulsé, vendredi peu après son arrivée à Tunis, et ce sans aucune raison explicite.

Invité sur le plateau de France 24 pour livrer sa version sur son expulsion de Tunisie, le prince a tout d’abord souligné qu'il s’exprimait en tant que Hicham Alaoui, le chercheur.

Ce dernier a relaté les faits en indiquant que des policiers de l'aéroport sont venus le chercher à son hôtel, lui disant qu’il y avait "un problème à résoudre concernant la douane".

Par la suite, il a été informé par un représentant d'Air France qu'on lui avait demandé de lui réserver une place dans le prochain vol pour Paris. "À ce moment, je me suis adressé aux policiers pour avoir une explication. Ils m'on dit qu'il s'agit d'une expulsion forcée" a-t-il souligné.

"Là, j'ai exigé un document justifiant mon expulsion, alors que je n'ai commis aucune infraction", a-t-il expliqué.

"Les policiers étaient embarrassés, ils ont évoqué oralement une 'décision de souveraineté' et ont finalement consenti à annuler sur mon passeport mon tampon d'entrée dans le pays", a-t-il précisé en exprimant son étonnement quant à la décision de le diriger en terre française plutôt qu'au Maroc, son pays d'origine.

"Le prince rouge" a tenu à indiquer, par ailleurs, que les policiers ont été professionnels et sont restés très courtois avec lui.

Mais pourquoi?

Interrogé sur les possibles raison de cette expulsion, le prince s'est "refusé à spéculer". Selon lui, il attend toujours des explications officielles des autorités tunisiennes.

Il a, toutefois, évoqué quelques hypothèses tout en s'interrogeant sur le fait de savoir s'il s'agit d'une décision souveraine de l’État tunisien, d'une décision dictée par le Maroc ou d'une décision prise à cause de pressions saoudienne et émiratie. Il s'est même interrogé sur la possibilité que cette expulsion soit dû au fait que les autorités tunisiennes auraient eu vent que sa vie était en danger et qu'ils ne voulaient pas prendre de risque.

Jusque là, tout est encore flou a-t-il indiqué.

Son message aux autorités tunisiennes et aux Tunisiens

"Je ne me sent pas humilié. En fait, ce sont ceux qui ont pris cette décision, dont je ne doute qu'elle a été prise au niveau du président, qui doivent se sentir humiliés" a-t-il dit en exprimant sa gratitude et sa reconnaissance envers le peuple tunisien. Le prince Moulay Hicham a indiqué, d'autre part, qu'avec cet incident, il participe, même indirectement, à l'instauration de la démocratie en Tunisie.

"Cette décision n'est pas digne de la noblesse de la révolution tunisienne, ni des sacrifices du peuple tunisien" a-t-il encore ajouté.

"Soyez certains on vous suit et on vit avec vous cette période transitoire avec tant de solidarité. Les Tunisiens, vous êtes un exemple pour le monde arabe" a-t-il répliqué en saluant leurs efforts.

Pour conclure, le prince a noté que la décision de son expulsion a été prise au niveau exécutif où certains ont réussi à échapper au contrôle du pouvoir législatif et aux lois en vigueur.

Cousin germain de Mohammed VI, surnommé parfois le "prince rouge" pour son regard critique sur la monarchie marocaine, Moulay Hicham vit aux États-Unis, où il est chercheur à l'Université d'Harvard et dirige une fondation à son nom.

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