Bilan: El Othmani défend sa majorité et rejette les rumeurs de toute démission au sein de son gouvernement

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EL OTHMANI
Youssef Boudlal / Reuters
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BILAN - 120 mesures pour ses premiers 120 jours d’activité. Lundi 11 septembre au soir à Rabat, le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, s’est plus que jamais montré déterminé à défendre son équipe, son bilan et surtout, "l’homogénéité de la majorité". "Ceux qui soufflent sur les braises, aujourd’hui, seront déçus demain", lance-t-il, à l’ouverture de la conférence de presse. "La majorité est unie autour d’un programme approuvé par le parlement et il n’y aura pas de retour en arrière", ajoute-t-il, précisant que "la majorité n’a pas à être d’accord sur tout, sinon elle ne serait qu’un parti politique".

Le chef du gouvernement a ainsi rejeté les rumeurs qui laisseraient entendre qu’un remaniement pourrait chambouler son équipe. "Il n’y a pas de démission et les rumeurs qui en parlent tentent de parasiter le travail que nous menons", assure-t-il.

"Homogène et unie", selon El Othmani, la majorité a fait face à "un contexte marqué par de nombreuses difficultés", essentiellement liées "au retard accusé par la constitution du gouvernement". "Il a fallu rattraper ce qui n’a pas été fait et cela a nécessité un gros effort". Le chef du gouvernement en veut pour preuve ce bilan dont il se montre fier et promet d’en faire une pratique régulière chaque quatre mois. "Nous voulons prôner la communication et l’action", souligne-t-il, précisant que son gouvernement en fait une méthode de travail dont l’efficacité ne tardera pas à donner ses fruits. "Les mesures et les réalisations de notre bilan préliminaire montrent une dynamique ascendante (…) C’est un bilan positif et prometteur", se réjouit le chef du gouvernement.

Six axes de réformes majeures

Ce bilan, El Othmani le présente en six axes à commencer par la réforme institutionnelle et la mise à niveau de l’administration. "65 décrets ont vu le jour pour activer la réforme administrative", cite-t-il en exemple. Une dynamique législative dans laquelle les lois organisant les régions et les communes territoriales représentent une priorité. Le gouvernement a approuvé 31 décrets et il ne lui en reste plus que trois pour compléter l’arsenal de l’entrée en vigueur de la régionalisation avancée. Une fois ce projet réalisé, le gouvernement souhaite créer un partenariat État/région à travers des contrats programmes dans lesquels des objectifs seront tracés et des délais fixés.

Un deuxième axe des réformes concerne, lui, la promotion de l’investissement. À ce niveau, le gouvernement a notamment approuvé 51 projets d’accords d’investissement et annexes d’une valeur de 67 milliards de dirhams au mois de mai de cette année.

Le troisième axe, portant sur l’éducation et la formation, vise en premier lieu à mettre en valeur la qualité. Entre autres actions au volet éducation, le lancement du programme national pour l’équipement et la modernisation des établissements scolaires, ainsi que l’ouverture de 55 nouvelles écoles. Le chef du gouvernement admet toutefois que la surcharge des classes ne sera réglée que progressivement d’ici 2030.

Au volet formation professionnelle, Saad Eddine El Othmani ne cache pas sa fierté au moment de rappeler que son gouvernement a permis aux élèves de bénéficier d'une bourse: "70.000 élèves profiteront de la bourse dont l’enveloppe budgétaire est de 400 millions de dirhams par an".

L’emploi, quatrième axe, fait l’objet d’un programme national que le gouvernement a approuvé au mois d’août dernier. Le bilan fait état de plusieurs mesures dont le lancement progressif de concours pour le recrutement dans 23.000 postes au titre de l’année 2017, auxquels s’ajoute l’emploi de près de 24.000 enseignants contractuels dans le secteur de l’éducation et de la formation.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a mis en exergue, dans ce bilan, l’importance de la réforme que connait le secteur de la santé. Cinquième axe, ce dernier compte à son actif plusieurs réalisations. "En deux mois, juillet et août, 6 hôpitaux ont été inaugurés!", se félicite El Othmani, reconnaissant cependant que "les services de santé doivent être améliorées".

Le sixième axe de réforme cité par le chef du gouvernement concerne, pour sa part, la justice sociale. "Nous voulons réduire les écarts sociaux entre le milieux rural et urbain et en matière d’accès à l’assurance maladie obligatoire pour les salariés et non-salariés", dit-il.

Pour El Othmani, en plus des réformes, il faut travailler dans le cadre de la complémentarité. "Les départements ne doivent pas agir comme sur des îles isolées. Ils doivent travailler dans le cadre d’une interactivité et complémentarité", estime-t-il. Et d’ajouter que le gouvernement se doit d’être également à l’écoute du citoyen, de ses doléances et ses réclamations. "Nous continuerons à travailler ainsi avec l’ensemble de nos partenaires, députés, syndicats, opposition… C’est un contrat politique!"

Benkirane, grand absent, la majorité apaisée

La conférence de presse sur les 120 premiers jours du gouvernement a vu la présence des membres du gouvernement, mais aussi des représentants des partis de la majorité. Nabil Benabdellah, ayant perdu sa mère ce jour-là, s’est fait remplacer par Abdelouahed Souhail membre du bureau politique du PPS. Mais l’absence du secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, n’avait, à l’évidence, qu’une raison: son refus d’une majorité alliant l’USFP. Représenté par son adjoint Sliman Amrani, ce dernier n’a pas fait de déclaration au cours de la présentation de ce bilan, contrairement aux autres membres de la majorité.

Le président du RNI, Aziz Akhannouch, qui avait accusé l’ancien chef du gouvernement de retarder la constitution du nouveau gouvernement, a pris la parole en premier, à la demande de Saad Eddine El Othmani. Il a salué le travail et "la rapidité de décision" de ce dernier. Akhannouch a prédit le succès au nouveau gouvernement et a tenu à souligner que les partis de la majorité tiennent "leurs réunions dans un climat positifs".

Pour Mohand Laenser, à la tête du Mouvement populaire (MP), la majorité est sur les rails et son unité ne laisse aucun doute. "Il faut que les députés adhère à ce travail de synergie pour pousser cette dynamique".

Driss Lachgar, secrétaire général de l’USFP, a utilisé son talent d’orateur pour faire l’éloge du gouvernement et assurer ce dernier de l’adhésion totale du parti.

Le secrétaire général de l’Union constitutionnelle (UC), Mohamed Sajid, n’a pas fait l’exception. Il a estimé que la présentation du bilan des 120 premiers jours du gouvernement représente "un message fort, celui de la synergie de la majorité".

Abdelouahed Souhail, pour sa part, a estimé que gouvernement ne doit pas décevoir les revendications des citoyens et qu’il devient urgent d’activer la constitution dans son ensemble.

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