Détenu deux heures à l'aéroport de Beyrouth, un réalisateur libanais, fraîchement récompensé à la Mostra de Venise, relâché pour "non-lieu"

Publication: Mis à jour:
ZIAD DOUEIRI
Director Ziad Doueiri poses during a photocall for the movie "The insult" at the 74th Venice Film Festival in Venice, Italy August 31, 2017. REUTERS/Alessandro Bianchi | Alessandro Bianchi / Reuters
Imprimer

LIBAN - C'est une mauvaise surprise qu'attendait le réalisateur franco-libanais Ziad Doueiri à son arrivé à Beyrouth. Alors que le cinéaste revenait de la Mostra de Venise, où son film "L'insulte" a été récompensé de la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine, remise à l'acteur palestinien Kamel El Basha, Ziad Doueiri a été interpellé à l'aéroport de Beyrouth où il a été détenu pendant plus de deux heures et s'est vu confisquer ses passeports français et libanais.

"Je suis profondément blessé. Je viens au Liban avec un prix de la Mostra de Venise, et la police libanaise a autorisé la diffusion de mon film. Je ne sais pas qui est responsable de ce qui s'est passé", a déclaré ce dernier à l'AFP.

Ce dernier a comparu ce lundi matin devant un tribunal militaire, avant d'être finalement relâché suite à un "non-lieu", ses deux passeports en main:

Selon le journal libanais L'Orient Le jour, qui cite l'avocat du réalisateur, ce dernier "était accusé d'avoir violé l'article 285 du code pénal libanais qui interdit toute visite en territoire ennemi sans autorisation préalable".

L'avocat fait ainsi référence au précédent film du réalisateur, "L'attentat", en partie tourné en Israël. Les ressortissants libanais n'ont pas le droit de s'y rendre, les deux pays étant officiellement toujours en guerre, à moins d'une autorisation préalable. Selon l'avocat du réalisateur, ce dernier avait bien adressé une demande au ministère de la Défense, une sollicitation restée lettre morte.

Si Ziad Doueiri était déjà depuis quelques temps dans le viseur d'une partie de la presse libanaise, l'interpellation surprend d'autant plus aujourd'hui que son dernier film, "L'insulte", a été sélectionné par le ministère de la culture libanais pour représenter le pays dans la section des films étrangers concourant à la prochaine cérémonie des Oscars:

Julie Gayet, productrice du film "L'insulte" et compagne de François Hollande ne mâche pas ses mots. "Nous sommes tous choqués et dénonçons cette absurdité, qui n'est qu'une intimidation. C'est un prétexte absurde et moyenâgeux qui fait surface la veille de la sortie de son film à Beyrouth", déclare Julie Gayet à l'AFP. "Tout ceci est complètement fou, surtout quand on sait que L'insulte est un film qui prône la discussion, la paix et l'importance de s'ouvrir", ajoute la productrice.

Ziad Doueiri s'était rendu à Beyrouth pour présenter en avant-première son dernier opus. "L'insulte" raconte la bataille juridique entre Toni, chrétien libanais et Yasser, un contre maître palestinien, qui vire en affrontement entre les deux communautés:

LIRE AUSSI: