Djamel Kerkar: "Au lieu de faire un film sur les gens, j'ai voulu le faire avec eux"

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Djamel Kerkar est le réalisateur du documentaire Atlal, projeté au 2e jour des 15e rencontres cinématographiques de Béjaia (RCB) qui se poursuivent jusqu'au 15 septembre.

Ce long métrage, le premier de son réalisateur, a déjà remporté plusieurs prix dont celui du meilleur long-métrage documentaire du FCAT en 2016 à Marseille. Il aborde le sujet de l’après-décennie noire, dans la commune de Ouled Allel, qui avait été pendant les années 90 l’une des bases arrières des Groupe islamiques armés (GIA) et qui a été prise d’assaut par l’armée algérienne en septembre 1997.

Pour le HuffPost Algérie, Djamel Kerkar a accepté de répondre à quelques questions.

La première partie de "Atlal" est très silencieuse. Et puis peu à peu la parole se libère autour de cette tragédie. Comment êtes-vous parvenu à recueillir les différents témoignages ?

Il n’y a pas eu de système de mise en scène ou de manière de filmer. Au lieu de faire un film sur les gens, j’ai voulu le faire avec eux. C’est venu au fur et à mesure, sans forcer.

Avez-vous rencontré des difficultés lors du tournage du film?

Non pas vraiment. Nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires avant de commencer à travailler. Il a fallu faire un synopsis. Et le fait d’avoir choisi cette thématique n’a jamais posé problème. D’un point de vue technique, chaque jour de tournage était une leçon pour nous.

Pour ce film, j’ai fait l’image et le son. Il y a eu donc énormément de choses que je ne connaissais pas. Au-delà des choix de mise en scène, le fait de manipuler une machine pour capturer des témoignages, des histoires, un lieu et sa complexité ça m’a permis de me libérer de toute contrainte idéologique et historique.

Travailler sur de la décennie noire, c’est quelque chose que vous vouliez faire depuis longtemps ?

La décennie noire, ce n’est pas ce qui m’anime. Ce qui m’anime, c’est l’idée de mémoire, de résilience de la population. En termes de représentation cinématographique ou photographique, les gens qui sont en bas, qui n’ont plus rien, n’existent pas. Je voulais absolument recueillir leur histoire, leur mémoire. Je voulais avant tout faire un film sur la dignité du peuple.

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