"Climate Chance", la grand-messe des acteurs non-étatiques à Agadir

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CLIMATE CHANCE
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CHANGEMENTS CLIMATIQUES - Coup d’envoi a été donné aujourd’hui de la 2e édition du Sommet "Climate Chance", qui se tient à Agadir jusqu'au 13 septembre. L’événement, organisé par la région Souss-Massa en partenariat avec l’association Climate Chance, réunit quelque 5.000 participants venus de 80 pays différents.

Au menu, 5 réunions plénières, 5 dialogues de "haut niveau", 80 ateliers, 15 focus, 17 forums ainsi que plusieurs side events qui permettront aux collectivités locales, entreprises, associations et autres ONG présentes, d’échanger pour consolider leur coopération, mais également de faire le point sur les difficultés rencontrées.

Les acteurs non-étatiques plus efficaces que les négociateurs

"Contrairement aux COP, où les négociateurs peuvent passer deux jours afin de se mettre d’accord sur l’utilisation d’un seul terme, l’action concrète des acteurs non-étatiques sur le terrain peut se montrer plus efficace. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de leur mobilisation aujourd’hui", estime Brice Lalonde, militant écologiste et coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations-Unies Rio+20.

Une observation partagée par la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Patricia Espinosa. Cette dernière a ainsi exhorté les États à apporter leur aide à ces organismes à travers une action concrète pour traduire les ambitions des populations, à deux mois de la COP23, organisée par les Îles Fidji et qui se tiendra à Bonn, en Allemagne.

"We are still in"

Fait assez marquant pour être souligné, une forte délégation américaine comprenant notamment le Secrétaire à la Protection de l’Environnement de l’État de Californie, Matt Rodriquez, était présente lors de la séance plénière d’ouverture. "Même si rien n’est fait au niveau fédéral, nous continuerons à travailler au niveau de l’État, car nous subissons de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique", a affirmé Matt Rodriquez.

Un message fort qui traduit l’engagement d’un nombre important de villes et d’une grande partie du secteur privé des États-Unis en faveur de l’agenda climatique, en dépit de la décision du président Donald Trump de se retirer de l’Accord de Paris. La Californie rejoint ainsi 8 autres États, 902 entreprises et 183 universités américaines sous l’initiative "We are still in", lancée le 5 juin dernier.

Le continent africain à l’honneur

Trois jours de rencontres qui s’annoncent donc très riches et à l’issue desquels les acteurs non-étatiques sont attendus pour remettre leurs propositions, qui seront regroupées au sein de la Déclaration d’Agadir pour être délivrées aux États Parties à l’occasion de la COP23.

Ils ne seront d’ailleurs pas les seuls à vouloir faire entendre leur voix. Les grands élus africains, soutenus par les représentants des grands réseaux mondiaux de collectivités, mettront également en évidence leurs propres engagements. Ils annonceront en ce sens une déclaration commune le mardi 12 septembre.

"Le continent africain est particulièrement exposé au risque des changements climatiques. Cette édition 2017 du Sommet "Climate Chance" sera donc l’occasion de mettre l’accent sur les enjeux du continent et ceux des pays du sud de manière plus générale", a indiqué Salaheddine Mezouar, président de la COP22 qui a rappelé, lors d’une conférence de presse, les engagements pris par le Maroc en faveur de l’Afrique notamment à travers les trois commissions créées à l’issue du Sommet des Chefs d’États africains le 16 novembre 2016: une pour la région du Sahel, présidée par le Niger, une deuxième pour les États insulaires, sous la houlette des Seychelles et une troisième pour la région du bassin du Congo, présidée par le Congo-Brazzaville.

Et c’est justement à Brazzaville que le point sera fait en 2018 sur la feuille de route qui sera tracée à Agadir, lors de la 3e édition du Sommet "Climate Chance".

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